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750 ans à Paris – Vincent Mahé

9782330078430, 0-4146770

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Un jour, quelqu’un a laissé un commentaire ici sur un de mes articles. Ici tout doit être approuvé par moi avant publication, et comme tu l’auras peut-être remarqué, je ne viens pas souvent. C’était un gentil commentaire que je ne publierai jamais, je le garde précieusement, tout comme l’histoire qui a suivi et qui me rend heureuse tous les jours depuis.  Cet ouvrage je l’avais repéré à sa parution chez un éditeur étranger, sans arrêt en rupture de stock chez son distributeur, alors quand il est paru en français, je l’espérais avidement. C’est ce garçon qui me l’a offert, pour mon anniversaire, avant que tout commence. En échange d’un pain au chocolat.

C’est très joli, ça montre l’évolution de Paris au prisme de son architecture.

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Doux Reveurs – Isabelle Simler

9782352901846, 0-4352541

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Et tôaaaa, comment tu dors tôaaaa?

Doux Rêveurs, c’est une douce balade qui nous invite à partager l’intimité du sommeil des animaux, avec des doubles pages – juste magnifiques- représentant la nuit, d’un tracé très léger. Vu au Salon du Livre et la Presse Jeunesse, j’ai littéralement craqué.

 

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La perle – Steinbeck

 

9782070364282, 0-623469

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J’aime bien Steinbeck. J’aime bien A l’Est d’Eden, et les Raisins de la Colère. Je ne connaissais pas ce texte, c’est par hasard, en voyant passer son adaptation en bande dessinée (9782754816397 – chez Futuropolis), que je m’y suis intéressée…

Voilà une jolie histoire que celle de Kino, Juana et Coyotito.
Kino est un très modeste pêcheur de perle, Juana est une bonne mère, et Coyotito leur petit bébé.

Un matin Coyotito se fait piquer par une bestiole, et le venin risque de causer de gros dégâts, voire d’entrainer la mort, et le médecin du village ne semble pas prêt à vouloir soigner les pauvres gens. Kino doit trouver une solution, et comme par hasard, au prochain tour de pêche, il tombe sur une belle grosse perle.
Il va chercher à la vendre, et faire face à des acheteurs véreux, toujours prêts à en donner le moins possible. Cette perle va rendre fous tous les gens autour de Kino, qui va devoir la cacher, et sera même obligé de fuir avec sa famille pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs…
C’est un très court texte, qui pointe du doigts les sept péchés capitaux avec une belle poésie.

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Maps – Jazzberry Blue

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Je fais dans le graphisme, ces temps. Non pas que je ne lise plus (bien que j’ai du mal à garder un livre ouvert sans m’endormir), mais mon cœur est graphique.
Il y a un moment que je connais Jazzberry blue, tout comme Federico Babina dont j’ai déjà parlé ici, je rêvais fût un temps d’essayer avec mes amis éditeurs anglais de fabriquer un livre sur lui, alors il n’y avait rien… Et puis voilà la bonne surprise, il y a un mois, chez un distributeur curieux plein de curiosités : MAPS, Jazzberry Blue. Une tuerie!

Editions du Chineur : Réalisé à partir de données satellitaires, ce travail graphique du peintre et photographe canadien rassemble 25 plans de grandes villes et de métropoles permettant de rendre compte de la richesse et de la singularité de chacune d’entre elles. Les cartes sont détachables et destinées à être encadrées.

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La Ville – Frans Masereel

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Oh le bijou. Il s’agit de gravures sur bois.

Un jour quand je travaillais dans ma librairie de Musée j’ai vu passer de tout petits livres en couverture toilée aux éditions Cosaques.
Mignons, bien vendus, mais pas pris le temps de regarder correctement.
Et puis Harmonia Mundi sort ce début mars 2019 La Ville, en grand format, des planches toutes plus jolies les unes que les autres, je scrute et oui, ça me rappelle quelque chose!

Je suis tombée amoureuse. Je trouve ça parfait, net, incisif, propre, carré, tracé, je ne sais comment m’exprimer… C’est noir oui, mais pas que!

 

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En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

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Voilà bien longtemps que je ne lisais plus.
De longues errances à la recherche d’un nouveau travail, plus l’occasion de suivre les nouveautés des librairies généralistes, et surtout une grosse difficulté de compréhension, c’est bien simple absolument tout me tombait des mains, et le silence de la lecture provoquait des bruits de cerveau handicapé de mille questions… La « traversée du désert » est rude…

Et puis, j’ai vu ça. Les éditions Finitude publient En attendant Bojangles en février 2016. Il y a du ramdam autour. Je comprends que l’auteur a mis longtemps a se faire publier, je comprends que les lecteurs sont enchantés.
J’achète. Ça fait 160pages.

Je démarre ma lecture en écoutant la fabuleuse Nina Simone chanter sa chanson. Elle qui revient souvent dans ma vie, you know how I feel…
C’est bouleversant. Je frissonne, écrase quelques larmes dès les premières pages, dans le métro, rien à foutre. La flamme romantique éteinte en moi depuis de longs mois se rallume. La folie douce.
Voici l’histoire d’un couple fou amoureux. L’imagination déborde à la manière de (et c’est important de dire « à la manière de », l’auteur y tient) Boris Vian, de ses histoires de nénuphars dans les poumons. Ici, on joue aux dames avec des coussins sur le carrelage noir et blanc du couloir. Ici, on promène un oiseau exotique en laisse. Ici, comme dans Fanfan, on s’appelle d’un prénom différent chaque jour que Dieu fait. Ici on joue, on délire, on invente des journées fabuleuses pour briser l’ennui des journées normales, on chasse les mouches au harpon.
Ici l’on danse. Sur Nina Simone. Ici l’on s’aime fort, tellement fort.

L’histoire est contée par l’enfant du couple amoureux. Et parfois par des bribes manuscrites d’un carnet rédigé par le père.
Madame a un pète au casque, clairement. C’est drôle, dingue jusqu’à ce que ce soit inquiétant, et que tout bascule. Le jour où elle s’appelle « Constance », c’est l’inconstance totale. La folie pure. Le tourment. La tristesse de voir s’effacer les plus beaux jours, et de ne plus avoir qu’une photo ratée pour souvenir. J’écrase -encore- une larme. Moi et mes problèmes de souvenirs… Les bleus à l’âme, les bleus au cœur.

J’ai envie que tout le monde se perde dans la lecture. Je voudrais que tout mes amis les plus proches le lisent. J’ai le sentiment qu’on peut en apprendre sur mes émotions en le lisant. Je ne sais pas si on peut être ému à ma façon, comme je l’ai été pour le film Mon Roi de Maïwenn. J’aimerais. J’attends d’un livre qu’il pose des mots sur ce que je ne sais pas dire. Qu’il m’émeuve aux rires et aux larmes. Olivier Bourdeaut a rempli cette mission là. Je l’ai rencontré, j’ai pu lui dire quels passages m’ont bouleversée. Je ne sais pas comment il a écrit ce livre, ce qu’il a pu mettre de lui dedans. J’aimerais croire que quand on écrit, chaque mot est pesé, résonne en soi et pour soi, signifie quelque chose, et que si les lecteurs se sentent touchés par ces mots qu’on a choisi avec soin, alors il s’établit une sorte de connexion particulière, un truc secret et très précieux. Si j’arrive un jour, à écrire comme cela, et que quelqu’un venait me voir en me disait avoir été touché par cette phrase, ce mot, ce sentiment, je crois que je pourrais pleurer.

Je vous laisse avec Nina. Et cette phrase que j’aime particulièrement dans la chanson et me fait penser à mon chat : He jumped so high… Then he lightly touched down…

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Capitale de la douleur – Eluard

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Ciel dont j’ai dépassé la nuit
Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes
Dans leur double horizon inerte indifférent
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par delà l’attente
Par delà moi même
Et je ne sais plus tant je t’aime
Lequel de nous deux est absent.

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Et Nietzsche a pleuré

Irvin Yalom
Livre de poche – 9782253129455

Une amie m’a offert ce livre, sans occasion particulière. Elle qui sait les mots et mes maux, a pensé que la lecture ferait écho dans mon petit cerveau, et elle a eu raison.

Vienne, fin du XIX° siècle.
Le cadre spatio-temporel me plaît. Souvenirs de mes cours de philo, souvenirs d’un semestre à la fac sur la Secession Viennoise, et tout ça colle parfaitement avec l’exposition Au temps de Klimt à la Pinacothèque de Paris.
Ici, les personnages principaux sont le Docteur Breuer, Lou Andreas Salomé (grâce a qui j’ai obtenu mon brevet professionnel de libraire, sa biographie chez folio est le seul et unique livre jamais volé dans ma vie.), Nietzsche et accessoirement, Freud.
Il y a deux triangles amoureux, pour résumer : Nietzsche aime Lou, qui aime Paul; Breuer est marié à Mathilde mais aime Bertha qui ne l’aime pas. Deux contrariés donc, Breuer et Nietzsche, qui vont se psychanalyser, s’hypnotiser, essayer de se comprendre tant bien que mal et remettre de l’ordre dans leur vie.

C’est Nietzsche qui m’interesse le plus. Il est attaqué par des crises d’angoisses qui lui flanquent de violents maux de tête, il est malheureux, refuse l’aide qu’on tente de lui apporter, il est renfermé, blasé, déçu, il souffre en silence, et Breuer tente de faire tomber, une par une, toutes ses barrières. Nietzsche est en pleine gestation de Zarathoustra et pose tranquillement les bases de sa réflexion, sans parvenir, seul, à relativiser sa situation.

J’ai souligné tout un tas de phrases.

« De même que les os, les muscles, les viscères et les vaisseaux sanguins sont entourés d’une peau qui rend la vue de l’homme supportable; les émotions et les passions de l’âme sont enrobées dans la vanité : c’est la peau de l’âme. »

« Je crois qu’il est possible [...] de choisir sa maladie par inadvertance, en optant pour un mode de vie qui engendre une angoisse. Lorsque celle ci devient écrasante ou chronique, elle agit à son tour sur un système organique fragile [...]. On ne choisit pas, à proprement parler, une maladie, en revanche on choisit bel et bien l’angoisse, et c’est l’angoisse qui se charge de choisir la maladie! »

 » Souvent, lorsque la nuit je suis dans mon lit, éveillé, effrayé par la mort, je me récite la maxime d’Epicure : « Quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas. » C’est une vérité éminemment rationnelle, irréfutable. Mais lorsque la peur est plus forte que moi, rien n’y fait, et cette phrase ne m’apporte aucun repos. Dans ce cas la philosophie ne suffit plus. Enseigner la philosophie et la pratiquer sont deux choses différentes. »

« Je crois qu’une partie de vos malheurs est due à une rancune enfouie. Il y a en vous quelque chose, une peur, une timidité, qui vous empêche d’exprimer votre colère, au lieu de quoi vous vous vantez de votre gentillesse. Vous faites de nécessité vertu en enfouissant vos sentiments profondément puis, parce que vous ne connaissez pas la rancune, en vous prenant pour un sain. Vous ne jouez plus le rôle du médecin compréhensif, vous êtes devenu ce rôle, vous vous croyez trop intelligent pour connaître la colère. Entre nous, Josef, une petite vengeance peut avoir du bon, et il n’est rien de pire qu’une rancune ravalée! »

 » Tous les pères finissent par mourir : le mien, le vôtre, tout le monde. Cela n’explique en rien la maladie. « 

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Face aux ténèbres, William Styron

Je devrais écrire davantage. Je devrais lire davantage. Par là j’entends, je devrais arrêter de me convaincre que la réponse à mes problèmes se trouve dans les bouquins de développement personnel.
C’est pas que j’ai pas envie, c’est que j’y arrive plus. Les livres me tombent des mains, mon ventre n’avale plus rien, mon cœur sèche (pas mes yeux) doucement, et mon cerveau n’est plus grandement stimulé. [ Ecoutez le dernier album de Damien Rice, il vaut le coup. ]

Depuis tout ce temps, j’ai tenté un essai sur le courage, mal formulé, mal écrit, mal métaphoré, trop compliqué certainement, probablement trop personnel aussi. Pourtant il paraît que la première règle à suivre lorsque qu’on veut écrire, c’est de traiter de sujets qu’on ne connait pas. Durant cette dernière année, le courage n’a pas franchement été ma ressource majeure.

Dans cet abîme j’ai quand même trouvé un trésor. Tout petit, et qui ne parlera sûrement qu’à moi… Ou peut-être aussi à mes proches s’ils le lisaient. Mes vrais proches. Ma famille. Ceux qui ont partagé un bout de vie avec moi, il y a des années, un mois, un week-end. Six ans. Et n’ont jamais vraiment compris. Mes amis aussi, mais eux, je ne souhaite pas véritablement qu’ils comprennent. On s’accepte comme on est, et rien n’est véritablement pénible puisqu’on ne vit pas ensemble au quotidien.
Mais ceux avec qui l’on vit. Avec qui l’on a vécu…

Face aux ténèbres. William Styron. Celui du Choix de Sophie. Un tout petit bouquin chez folio, où l’auteur raconte un épisode dépressif vécu, et l’angoisse qui l’accompagne (cause ou conséquence? ça, on se bagarre toujours pour savoir…). C’est la traduction d’un mal difficile à décrire, les insomnies, les questions qui taraudent, les autres qui tentent de nous aider sans savoir par quel bout démêler la pelote. Les besoins insatisfaits, les envies inexistantes. La joliesse qui file entre les doigts, la longueur des jours et des nuits. Ce à quoi on tente de se raccrocher (une odeur de lavande qu’on fout partout, sur les coussins, sur les écharpes, au creux des poignets, le parfum d’une crème de jour, le chat qui semble comprendre sans les mots, le bruit de l’eau qui coule dans la douche, dans la tasse de thé, les coins de plafond, le moelleux des draps, la chaleur d’une mère au lever, les photos de ceux qui ne sont plus là, un sourire qu’on imagine, une voix qui dit « y’a rien de grave ».), les instants fugaces où l’on croit aller mieux, jusqu’à la prochaine fois.

Il dit « oui, ça ira mieux ». Il parle d’autre chose, mais ça convient pour toutes les situations. Il a probablement raison, pour l’instant j’y vois pas clair.

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A toute épreuve. Eluard

Il s’est passé trop de choses et je ne sais plus me concentrer pour lire… Que ce soit Fitzerald ou Dostoïevski, ma mécanique de lecture est cassée…
Je me nourris autrement, avec de la musique, avec de la peinture. Mais tout de même au détour d’un feuilletage on peut trouver de belles choses …

L’univers solitude

I
Une femme chaque nuit
Voyage en grand secret

II
Villages de la lassitude
Où les filles ont les bras nus
Comme des jets d’eau
La jeunesse grandit en elles
Et rit sur la pointe des pieds

Villages de la lassitude
Où tous les êtres sont pareils

III
Pour voir les yeux où l’on s’enferme
Et les rires où l’on prend place

IV
Je veux t’embrasser je t’embrasse
Je veux te quitter tu m’ennuies
Mais aux limites de nos forces
Tu revêts une armure plus dangereuse qu’une arme

V
Le corps et les honneurs profanes
Incroyable conspiration
Des angles doux comme des ailes

- Mais la main qui me caresse
C’est mon rire qui l’ouvre
C’est ma gorge qui la retient
Qui la supprime.

Incroyable conspiration
Des découvertes et des surprises.

VI
Fantôme de ta nudité
Fantôme enfant de ta simplicité
Dompteur puéril sommeil charnel
De libertés imaginaires.

Paul Eluard

Tombée en amour du IV lors de l’exposition Lettres d’Amour au Musée des Lettres et des Manuscrits.

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