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De sang froid (Truman Capote)

ISBN : (un folio offert pour deux achetés… il trainait depuis deux ans dans ma bibliothèque.)

Alors ça! J’avais lu La traversée de l’été de Capote, une amourette estivale, j’avais bien aimé.
La, on est dans un tout autre registre, on parle de meurtre gratuit…
C’est génial. Ça part d’un fait réel que Capote a lu dans le journal : le meurtre d’une famille entière sans mobile apparent. Capote se déplace et enquête pour de vrai. Il créé un nouveau style d’écriture. Le bouquin ne sera pas publié tant qu’il n’aura pas le dénouement de l’affaire. (Psst, y’a un film pas mal foutu qui reprend tout ça, avec un chouette Truman Capote)
C’est chouette parce que ça tient en haleine. On alterne les visions des membres de la famille avant la catastrophe, et les visions des assassins qui se préparent. O sait à peu près pourquoi ils en veulent après cette famille en particulier, mais on a envie de savoir pourquoi ces deux tarés sont allés aussi loin dans la barbarie alors qu’ils n’ont pas trouvé ce qu’ils veulent, qu’ils ne sont pas franchement méchants, voire même un peu simplets. Tellement que l’un des deux devient presque attachant sous la plume de Truman Capote, et grâce à l’analyse psychologique fournie qu’il nous fait de lui…

C’est pas franchement gai mais c’est excellent.

 

De sang froid (Truman Capote) dans Litterature Etrangere truman-capote-de-sang-froid-181x300

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L’art de la joie (Goliarda Sapienza)

ISBN : 9782266178013 (pocket)

C’est à cause de « Moi, Jean Gabin » paru à la dernière rentrée littéraire, que celui là m’est tombé dans les mains. J’ai lu les deux, mais l’Art de la joie a fait mouche, l’autre pas… Quoi dire?

Un bon gros pavé de bouquin, à mon sens un espèce de conte dans une vieille Italie, une femme dominée puis dominante, une histoire de puissance, de confiance en soi, d’affirmation, une lutte féministe, mais aussi une belle histoire de famille, de don se soi.
Modesta, pour le prénom de l’héroïne. Elle se fait railler pour ce prénom toute son enfance, moi je le trouve très chouette. Comme souvent, une petite bombe de livre qui a d’abord choqué (quoi, parce qu’elle est violée enfant, puis un peu lesbienne et constipée en prison?) puis a séduit de toutes les convictions qu’il porte.
Il y a un peu de politique derrière, mais comme je déteste ça je n’ai rien retenu… C’est du sel en plus, l’importance est ailleurs.

J’ai trouvé l’écriture bonne, c’est pourtant une traduction, d’habitude ça coince, mais là rien.
Une ode à la liberté. De la petite fille qu’elle était, de la femme qu’elle est devenue, des gens qui l’entourent, hommes ou femmes.
La liberté de la lectrice, qui au moment de cette lecture, faisait une sorte de bilan et classait les choses qu’elle faisait de bon cœur et les autres dont elle souhaitait s’affranchir au lieu de se rendre malade. Une façon d’apprendre à dire non, une façon de grandir aussi.

 

L'art de la joie (Goliarda Sapienza) dans Litterature Etrangere sapienza-goliarda-l-art-de-la-joie-livre-893727054_ml

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Le maître et Marguerite ( Boulgakov)

ISBN : 9782221116869 (pavillons poche)

Bien bien. Oui, ça fait un bon long moment que je ne suis plus passée ici. Bien des choses ont changé… Il manque un père à ma vie, on a beaucoup pleuré et puis on s’est dit que le mieux c’était de continuer. Et il manque un boulot aussi, ceci dit maintenant j’ai plein de temps pour chroniquer, alors allons-y.

J’ai pas lu énormément. La faute à la spécialisation Architecture, évidemment sous mon nez, sur les tables, il y avait plutôt le catalogue de l’expo Labrouste que le dernier mauvais Grasset. Je me suis focalisée sur la lecture de classiques en me tenant informée des nouveautés du mieux possible (merci au Grand Journal et  à La Grande Librairie. De « grandes » émissions. Et mes potes libraires aussi, c’est évident).
Je suis partie en vacances au ski, mais je n’aime pas skier, et à trois jours du départ je me suis rendue compte que j’avais rien prévu à lire, donc je suis allée à la Fnac (voui parce que sur Place des Libraires personne l’avait près de chez moi), et j’ai acheté Mary Poppins. Le livre. Mais j’ai pas envie de parler de lui tout de suite.

Non. Je vais parler du Maître et Marguerite. Je l’ai pris pour plusieurs raisons.
1. J’ai eu une collègue qui s’appelait Marguerite, elle me faisait peur et elle était vraiment bizarre.
2. Il y a un gros chat sur la couverture du bouquin. Avec une couronne.
3. C’est un gros livre, idéal pour une semaine devant le feu
4. C’est russe, et ça me manquait, depuis Gontcharov.

Alors, je ne suis pas certaine d’avoir tout pigé de l’histoire… C’est loin de ce que je lis d’habitude, Satan, les sorcières qui volent à poil sur des balais (pire même : des hommes changés en porcinet), des crèmes qui font rajeunir, des fous qui marchent en caleçon dans la froide Russie en parlant d’un chat qui prend le tramway tout seul… Je me suis franchement demandée si j’allais tenir la distance, surtout que j’ai beau adorer la littérature russe, je ne me fais pas du tout aux patronymes qui se ressemblent tous. Bref, j’étais un peu perdue, mais j’ai tenu bon, j’ai tout lu, et même j’ai aimé. Je crois que c’est le fabuleux passage de Marguerite qui s’envole au bal de Satan qui m’a le plus scotché. Et j’imaginais pas Satan comme ça. J’aurais jamais cru qu’il avait un gros chat noir appelé Béhémot pour ami… Ce bouquin emmène réellement dans un autre univers, et après tout n’est ce pas ce qu’on attend d’un bon livre?

Et puisque j’ai évoqué mon Papa au début, je voulais recopier ce petit passage du livre…
« Oh Dieux, dieux! comme la terre est triste le soir! Que de mystères dans les brouillards qui flottent sur les marais! Celui qui a erré dans ces brouillards, celui qui a beaucoup souffert avant de mourir, celui qui a volé au dessus de cette terre en portant un fardeau trop lourd, celui là sait! Celui là sait, qui est fatigué. Et c’est sans regret, alors, qu’il quitte les brumes de cette terre, ses rivières et ses étangs, qu’il s’abandonne d’un cœur léger entre les mains de la mort, sachant qu’elle -et elle seule- lui apportera la paix. » (p.614 dans mon édition)

 

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