Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



  • Accueil
  • > Archives pour juillet 2014

Thérèse Raquin – Zola

9782253010074ISBN : 9782253010074 (livre de poche)

Je voulais lire l’angoisse. Toujours dans ma grande recherche de descriptions du phénomène, j’ai relu Le Pigeon de Suskind, La Nausée de Sartre, le Misanthrope de Molière, et au hasard des préfaces, je suis tombée sur Zola.
Toute ma scolarité, j’ai eu le bonheur de passer à travers Germinal (Maman m’a forcée à voir le film, comme à lire Remi sans Famille, et à partir du moment où le conseil venait de Maman, c’était sûr que j’aimerai pas. Pourtant je sais bien au fond de moi que c’est probablement génial) et à travers tout Balzac (j’ai essayé, pour le plaisir, vraiment. J’en ai plein dans ma bibliothèque parce que ma soeur est fan de Balzac et de la Comédie Humaine. Mais je peux pas. J’y arrive pas). De Zola, je n’ai lu que La Curée. A l’approche de l’été, j’attends impatiemment de voir les rues de Paris se vider… Mon petit plaisir de l’été, c’est de me trouver un bon roman classique du XIXeme qui se passe à Paris, et de me promener littérairement dedans. Donc j’ai fini Thérèse Raquin, et je me garde sous le coude, pour Aout, Au Bonheur des Dames.

Thérèse donc, est un peu forcée par sa tante qui l’a élevée, à épouser son cousin, avec qui elle a grandi. Son cousin est fragile et en plus il a un prénom de fille, il s’appelle Camille (ok je SAIS que ça va pour les deux sexes, mais ça passe pas la barrière de mon cerveau). Eux trois ont longtemps vécu à la campagne, mais maintenant ils vivent à Paris, ils ont acheté un pas de porte et tiennent boutique dans le passage du Pont Neuf. Thérèse s’ennuie profondément (et sa meilleure copine s’appelle Emma Bovary. Non pardon, mais c’est tout comme.), et elle tombe un peu amoureuse de Laurent, qui rend visite tous les jeudis soirs. Pour s’aimer tranquille, il faut éliminer Camille, alors noyons le. C’est le début de la fin pour les deux tourtereaux, une succession de nuits agitées, de nuits blanches, angoissées, nauséeuses, une perte totale de repères, une confiance en l’autre qui s’amenuise. Tout ceci, et c’est l’intérêt de l’étude de Zola, est très, très bien rendu : « une étude des tempéraments, et non des caractères ». C’est appuyé par des insertions intelligentes de tableaux peints qui viennent illustrer les scènes (ex : le cauchemar de Thérèse par Castelli [ha, je voulais mettre un lien mais le tableau n'existe pas sur le net, a priori... il vous faudra acheter le livre!]

Le tempérament caractérise en psychologie traditionnelle la manière dont un individu réagit aux stimulis extérieurs.
En psychologie, le caractère d’une personne résume la manière dont cette personne va réagir dans une situation donnée.
Il y a une nuance toute petite, mais elle existe, et c’est ce qui fait monter crescendo la tension du roman. Thérèse n’explose pas lorsque Laurent fait chuter Camille de la barque, elle est pourtant un peu mise devant le fait accompli, si elle avait fait une scène, ou bien pleuré, ça aurait été une manifestation caractérielle. Tandis que l’angoisse qui monte, les cauchemars qui s’installent, les non-dits, la façon dont Laurent espère calmer ses nuits en dormant auprès de Thérèse, en vain, tout cela, c’est l’étude de tempérament.
C’est captivant. Vraiment.

.
 

Lettres à un jeune poète – Rainer Maria Rilke.

9782842051563FSISBN : 9782842051563 (1001 nuits)

 

Je ne sais plus par quel détour j’ai eu la curiosité de lire Rilke, et aussi Jacobsen. Alors autant, je ne chroniquerai pas Jacobsen parce que tout simplement, c’était pas nul, mais je ne me souviens d’aucune émotion, autant Rilke a été une bonne pioche.
Je crois que ma Simone a du en parler en parlant de Sartre, qui s’inspira de à propos de l’existentialisme.

Ces derniers mois, j’ai fouillé dans la philosophie, j’ai pris un gros recul sur moi, j’ai été prise d’une infinie curiosité à tenter de comprendre les mécanismes de l’angoisse et du cerveau. Je ne peux pas dire que, comme Sartre, j’en étais arrivée au point de voir des crustacés se promener dans Paris, mais j’ai eu ma dose de trucs pas cools aussi…
Bref. Pour en revenir à Rilke, c’est un tout petit bouquin de rien du tout, qui ne contient que les réponses de Rilke à son jeune poète (dommage, j’aimerais beaucoup trouver quelque chose de plus fourni dans la correspondance).

C’est bien simple, moi et mon crayon qui souligne les phrases que j’aurais pu écrire si je savais traduire mes émotions, nous avons noirci le livre.Il n’y a pas d’histoire, il s’agit simplement d’un jeune poète qui demande des conseils à un auteur talentueux, et cet auteur talentueux essaye, au mieux, de lui livrer conseils et philosophie de vie. A prendre ou à laisser.
Je recopie ici certains extraits qui m’ont touchée :

 » Fuyez donc les grands thèmes pour ceux que vous offre votre propre quotidien; dites vos tristesses et vos désirs, vos idées fugitives et votre foi en une beauté, quelle qu’elle soit – dites tout cela avec une sincérité profonde, sereine, humble et, pour vous exprimer, utilisez les choses qui vous entourent, les images de vos songes et les objets de vos souvenirs. »
 » Cher Monsieur, aimez votre solitude et supportez la douleur qu’elle vous cause en faisant bellement chanter vos plaintes. »
 » Dangereuses et mauvaises sont seules ces tristesses qu’on emporte au milieu des gens pour les estomper… »
 » (A propos du monde); S’il s’y trouve des frayeurs, ce sont les « notres », s’il s’y trouve des abîmes, ces abîmes nous appartiennent, y a-t-il des dangers, il nous faut alors tenter de les aimer. »
« … la maladie est le moyen qu’à l’organisme pour se libérer de ce qui lui est étranger; il faut alors simplement l’aider à être malade, à avoir sa maladie dans sa totalité, à la laisser se déclarer, car c’est par là qu’il progresse. »

.
 

Les Belles Endormies – Yasunari Kawabata

9782253029892-TISBN : 9782253029892 (livre de poche)

 

On m’a offert ce livre pour mon anniversaire. J’ai d’ailleurs été très touchée…
Et un peu affolée. La littérature japonaise, pour ce que j’en connais (c’est à dire pas grand chose excepté Kafka sur le rivage de Murakami, et justement deux autre Kawabata,  Tristesse et beauté, et La beauté, tôt vouée à se défaire), c’est souvent rempli d’allusions – voir de faits – carrément cochons, et moi, ça me fiche mal à l’aise. Alors autant dire qu’en lisant la quatrième de couverture de Kawabata et connaissant le genre de taquineries habituelles de la personne qui me l’a offert, j’ai sué à grosse goutte.

Brièvement, c’est  l’histoire d’Eguchi, un homme plus vieux que jeune, un peu seul, qui se rend régulièrement dans une espèce de maison close où des jeunes femmes sont sédatées afin de « tenir compagnie » aux vieux hommes. Clairement, il semble qu’une règle stipule qu’il ne peut s’agir que de dormir à leur côté, mais on connait bien les hommes et leurs vices, et forcément, Eguchi se pose tout un tas de questions… D’abord, il est fasciné par la beauté de ces belles endormies. Ensuite, elles sont pour lui comme des madeleines de Proust : une odeur, la couleur des lèvres, et le voilà plongé dans ses souvenirs lointains. Mais il est intrigué par la drogue qui les fait dormir si profondément, d’un sommeil « de mort » dit-il… Au final il résiste à ses pulsions (ouf, ma pudeur n’est pas ébranlée), mais à la toute fin, il se passe une étrangeté…

C’est une écriture très poétique dans les descriptions, dans les ressentis du vieil homme. Une belle lecture, mais ça, il m’était interdit d’en douter…

.
 

respiration |
Bovary, prénom Charles |
Respiration-1 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Un blog réservoir
| A propos
| respiration2