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Thérèse Raquin – Zola

9782253010074ISBN : 9782253010074 (livre de poche)

Je voulais lire l’angoisse. Toujours dans ma grande recherche de descriptions du phénomène, j’ai relu Le Pigeon de Suskind, La Nausée de Sartre, le Misanthrope de Molière, et au hasard des préfaces, je suis tombée sur Zola.
Toute ma scolarité, j’ai eu le bonheur de passer à travers Germinal (Maman m’a forcée à voir le film, comme à lire Remi sans Famille, et à partir du moment où le conseil venait de Maman, c’était sûr que j’aimerai pas. Pourtant je sais bien au fond de moi que c’est probablement génial) et à travers tout Balzac (j’ai essayé, pour le plaisir, vraiment. J’en ai plein dans ma bibliothèque parce que ma soeur est fan de Balzac et de la Comédie Humaine. Mais je peux pas. J’y arrive pas). De Zola, je n’ai lu que La Curée. A l’approche de l’été, j’attends impatiemment de voir les rues de Paris se vider… Mon petit plaisir de l’été, c’est de me trouver un bon roman classique du XIXeme qui se passe à Paris, et de me promener littérairement dedans. Donc j’ai fini Thérèse Raquin, et je me garde sous le coude, pour Aout, Au Bonheur des Dames.

Thérèse donc, est un peu forcée par sa tante qui l’a élevée, à épouser son cousin, avec qui elle a grandi. Son cousin est fragile et en plus il a un prénom de fille, il s’appelle Camille (ok je SAIS que ça va pour les deux sexes, mais ça passe pas la barrière de mon cerveau). Eux trois ont longtemps vécu à la campagne, mais maintenant ils vivent à Paris, ils ont acheté un pas de porte et tiennent boutique dans le passage du Pont Neuf. Thérèse s’ennuie profondément (et sa meilleure copine s’appelle Emma Bovary. Non pardon, mais c’est tout comme.), et elle tombe un peu amoureuse de Laurent, qui rend visite tous les jeudis soirs. Pour s’aimer tranquille, il faut éliminer Camille, alors noyons le. C’est le début de la fin pour les deux tourtereaux, une succession de nuits agitées, de nuits blanches, angoissées, nauséeuses, une perte totale de repères, une confiance en l’autre qui s’amenuise. Tout ceci, et c’est l’intérêt de l’étude de Zola, est très, très bien rendu : « une étude des tempéraments, et non des caractères ». C’est appuyé par des insertions intelligentes de tableaux peints qui viennent illustrer les scènes (ex : le cauchemar de Thérèse par Castelli [ha, je voulais mettre un lien mais le tableau n'existe pas sur le net, a priori... il vous faudra acheter le livre!]

Le tempérament caractérise en psychologie traditionnelle la manière dont un individu réagit aux stimulis extérieurs.
En psychologie, le caractère d’une personne résume la manière dont cette personne va réagir dans une situation donnée.
Il y a une nuance toute petite, mais elle existe, et c’est ce qui fait monter crescendo la tension du roman. Thérèse n’explose pas lorsque Laurent fait chuter Camille de la barque, elle est pourtant un peu mise devant le fait accompli, si elle avait fait une scène, ou bien pleuré, ça aurait été une manifestation caractérielle. Tandis que l’angoisse qui monte, les cauchemars qui s’installent, les non-dits, la façon dont Laurent espère calmer ses nuits en dormant auprès de Thérèse, en vain, tout cela, c’est l’étude de tempérament.
C’est captivant. Vraiment.

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