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En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

 9782363390639

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Voilà bien longtemps que je ne lisais plus.
De longues errances à la recherche d’un nouveau travail, plus l’occasion de suivre les nouveautés des librairies généralistes, et surtout une grosse difficulté de compréhension, c’est bien simple absolument tout me tombait des mains, et le silence de la lecture provoquait des bruits de cerveau handicapé de mille questions… La « traversée du désert » est rude…

Et puis, j’ai vu ça. Les éditions Finitude publient En attendant Bojangles en février 2016. Il y a du ramdam autour. Je comprends que l’auteur a mis longtemps a se faire publier, je comprends que les lecteurs sont enchantés.
J’achète. Ça fait 160pages.

Je démarre ma lecture en écoutant la fabuleuse Nina Simone chanter sa chanson. Elle qui revient souvent dans ma vie, you know how I feel…
C’est bouleversant. Je frissonne, écrase quelques larmes dès les premières pages, dans le métro, rien à foutre. La flamme romantique éteinte en moi depuis de longs mois se rallume. La folie douce.
Voici l’histoire d’un couple fou amoureux. L’imagination déborde à la manière de (et c’est important de dire « à la manière de », l’auteur y tient) Boris Vian, de ses histoires de nénuphars dans les poumons. Ici, on joue aux dames avec des coussins sur le carrelage noir et blanc du couloir. Ici, on promène un oiseau exotique en laisse. Ici, comme dans Fanfan, on s’appelle d’un prénom différent chaque jour que Dieu fait. Ici on joue, on délire, on invente des journées fabuleuses pour briser l’ennui des journées normales, on chasse les mouches au harpon.
Ici l’on danse. Sur Nina Simone. Ici l’on s’aime fort, tellement fort.

L’histoire est contée par l’enfant du couple amoureux. Et parfois par des bribes manuscrites d’un carnet rédigé par le père.
Madame a un pète au casque, clairement. C’est drôle, dingue jusqu’à ce que ce soit inquiétant, et que tout bascule. Le jour où elle s’appelle « Constance », c’est l’inconstance totale. La folie pure. Le tourment. La tristesse de voir s’effacer les plus beaux jours, et de ne plus avoir qu’une photo ratée pour souvenir. J’écrase -encore- une larme. Moi et mes problèmes de souvenirs… Les bleus à l’âme, les bleus au cœur.

J’ai envie que tout le monde se perde dans la lecture. Je voudrais que tout mes amis les plus proches le lisent. J’ai le sentiment qu’on peut en apprendre sur mes émotions en le lisant. Je ne sais pas si on peut être ému à ma façon, comme je l’ai été pour le film Mon Roi de Maïwenn. J’aimerais. J’attends d’un livre qu’il pose des mots sur ce que je ne sais pas dire. Qu’il m’émeuve aux rires et aux larmes. Olivier Bourdeaut a rempli cette mission là. Je l’ai rencontré, j’ai pu lui dire quels passages m’ont bouleversée. Je ne sais pas comment il a écrit ce livre, ce qu’il a pu mettre de lui dedans. J’aimerais croire que quand on écrit, chaque mot est pesé, résonne en soi et pour soi, signifie quelque chose, et que si les lecteurs se sentent touchés par ces mots qu’on a choisi avec soin, alors il s’établit une sorte de connexion particulière, un truc secret et très précieux. Si j’arrive un jour, à écrire comme cela, et que quelqu’un venait me voir en me disait avoir été touché par cette phrase, ce mot, ce sentiment, je crois que je pourrais pleurer.

Je vous laisse avec Nina. Et cette phrase que j’aime particulièrement dans la chanson et me fait penser à mon chat : He jumped so high… Then he lightly touched down…

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