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Mémoires d’une jeune fille rangée

Simone de BMémoires d'une jeune fille rangée dans Litterature Francaise 630393421-94x150eauvoir
ISBN chez folio : 978-2070355525

 

 

 

 

Simone, ma Simone… Sans bien savoir pourquoi j’ai tout de suite accordé un capital sympathie à ma Simone, sans même l’avoir lue. Le deuxième sexe m’a glissé des mains et pourtant ça m’intéressait fort fort fort, ce féminisme expliqué, mais les explications partent de trop loin, et je me suis sentie comme Penny dans Big Bang Theory quand Sheldon lui explique l’origine de la Physique depuis la Grèce Antique.
Ceci dit, ses théories m’intéressent, et je les avais abordées (un peu) en regardant « Les amants du Flore », téléfilm qui raconte l’histoire d’ « amour » (si on peut appeler ça comme ça) entre ma Simone et Sartre. Sartre aussi m’intéresse, c’est un sacré sale type mais il en a dans le cibouleau…

Bref, je me suis attaquée à ses mémoires de jeune fille. C’était parfait, une écriture fluide, des faits, un peu d’amour jamais correctement satisfait, mais surtout la formation d’un caractère fascinant. J’attendais de trouver des détails vrais sur le couple Sartre/Castor mais l’histoire s’arrête avant, elle ne concerne que les 20 premières années de la vie de Simone. Ses études, sa famille, sa vie sociale, ses tentatives de sortir du cadre strict dans lequel elle est élevée. Ce qui est remarquable, c’est la détermination dont elle a toujours fait preuve. Elle voulait vraiment devenir quelqu’un, écrire quelque chose, s’élever socialement aussi, et elle y est parvenu en faisant d’énormes efforts. Je crois que c’est souvent ce qui m’intéresse dans un bouquin quel qu’il soit et au delà de l’histoire qu’il raconte : la réflexion sur l’humain dans ce qu’il a de plus intérieur. L’étude des pulsions, des sentiments, des idées, des lubies, l’affirmation des caractères qu’ils soient bons ou mauvais. J’admire Léautaud pour sa misanthropie tellement assumée, j’admire Simone pour sa détermination.
Ce fut une belle lecture, mais je ne sais pas dire si elle plairait à chacun. En tout cas pour moi, c’est dans le mille.

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De sang froid (Truman Capote)

ISBN : (un folio offert pour deux achetés… il trainait depuis deux ans dans ma bibliothèque.)

Alors ça! J’avais lu La traversée de l’été de Capote, une amourette estivale, j’avais bien aimé.
La, on est dans un tout autre registre, on parle de meurtre gratuit…
C’est génial. Ça part d’un fait réel que Capote a lu dans le journal : le meurtre d’une famille entière sans mobile apparent. Capote se déplace et enquête pour de vrai. Il créé un nouveau style d’écriture. Le bouquin ne sera pas publié tant qu’il n’aura pas le dénouement de l’affaire. (Psst, y’a un film pas mal foutu qui reprend tout ça, avec un chouette Truman Capote)
C’est chouette parce que ça tient en haleine. On alterne les visions des membres de la famille avant la catastrophe, et les visions des assassins qui se préparent. O sait à peu près pourquoi ils en veulent après cette famille en particulier, mais on a envie de savoir pourquoi ces deux tarés sont allés aussi loin dans la barbarie alors qu’ils n’ont pas trouvé ce qu’ils veulent, qu’ils ne sont pas franchement méchants, voire même un peu simplets. Tellement que l’un des deux devient presque attachant sous la plume de Truman Capote, et grâce à l’analyse psychologique fournie qu’il nous fait de lui…

C’est pas franchement gai mais c’est excellent.

 

De sang froid (Truman Capote) dans Litterature Etrangere truman-capote-de-sang-froid-181x300

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L’art de la joie (Goliarda Sapienza)

ISBN : 9782266178013 (pocket)

C’est à cause de « Moi, Jean Gabin » paru à la dernière rentrée littéraire, que celui là m’est tombé dans les mains. J’ai lu les deux, mais l’Art de la joie a fait mouche, l’autre pas… Quoi dire?

Un bon gros pavé de bouquin, à mon sens un espèce de conte dans une vieille Italie, une femme dominée puis dominante, une histoire de puissance, de confiance en soi, d’affirmation, une lutte féministe, mais aussi une belle histoire de famille, de don se soi.
Modesta, pour le prénom de l’héroïne. Elle se fait railler pour ce prénom toute son enfance, moi je le trouve très chouette. Comme souvent, une petite bombe de livre qui a d’abord choqué (quoi, parce qu’elle est violée enfant, puis un peu lesbienne et constipée en prison?) puis a séduit de toutes les convictions qu’il porte.
Il y a un peu de politique derrière, mais comme je déteste ça je n’ai rien retenu… C’est du sel en plus, l’importance est ailleurs.

J’ai trouvé l’écriture bonne, c’est pourtant une traduction, d’habitude ça coince, mais là rien.
Une ode à la liberté. De la petite fille qu’elle était, de la femme qu’elle est devenue, des gens qui l’entourent, hommes ou femmes.
La liberté de la lectrice, qui au moment de cette lecture, faisait une sorte de bilan et classait les choses qu’elle faisait de bon cœur et les autres dont elle souhaitait s’affranchir au lieu de se rendre malade. Une façon d’apprendre à dire non, une façon de grandir aussi.

 

L'art de la joie (Goliarda Sapienza) dans Litterature Etrangere sapienza-goliarda-l-art-de-la-joie-livre-893727054_ml

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Le maître et Marguerite ( Boulgakov)

ISBN : 9782221116869 (pavillons poche)

Bien bien. Oui, ça fait un bon long moment que je ne suis plus passée ici. Bien des choses ont changé… Il manque un père à ma vie, on a beaucoup pleuré et puis on s’est dit que le mieux c’était de continuer. Et il manque un boulot aussi, ceci dit maintenant j’ai plein de temps pour chroniquer, alors allons-y.

J’ai pas lu énormément. La faute à la spécialisation Architecture, évidemment sous mon nez, sur les tables, il y avait plutôt le catalogue de l’expo Labrouste que le dernier mauvais Grasset. Je me suis focalisée sur la lecture de classiques en me tenant informée des nouveautés du mieux possible (merci au Grand Journal et  à La Grande Librairie. De « grandes » émissions. Et mes potes libraires aussi, c’est évident).
Je suis partie en vacances au ski, mais je n’aime pas skier, et à trois jours du départ je me suis rendue compte que j’avais rien prévu à lire, donc je suis allée à la Fnac (voui parce que sur Place des Libraires personne l’avait près de chez moi), et j’ai acheté Mary Poppins. Le livre. Mais j’ai pas envie de parler de lui tout de suite.

Non. Je vais parler du Maître et Marguerite. Je l’ai pris pour plusieurs raisons.
1. J’ai eu une collègue qui s’appelait Marguerite, elle me faisait peur et elle était vraiment bizarre.
2. Il y a un gros chat sur la couverture du bouquin. Avec une couronne.
3. C’est un gros livre, idéal pour une semaine devant le feu
4. C’est russe, et ça me manquait, depuis Gontcharov.

Alors, je ne suis pas certaine d’avoir tout pigé de l’histoire… C’est loin de ce que je lis d’habitude, Satan, les sorcières qui volent à poil sur des balais (pire même : des hommes changés en porcinet), des crèmes qui font rajeunir, des fous qui marchent en caleçon dans la froide Russie en parlant d’un chat qui prend le tramway tout seul… Je me suis franchement demandée si j’allais tenir la distance, surtout que j’ai beau adorer la littérature russe, je ne me fais pas du tout aux patronymes qui se ressemblent tous. Bref, j’étais un peu perdue, mais j’ai tenu bon, j’ai tout lu, et même j’ai aimé. Je crois que c’est le fabuleux passage de Marguerite qui s’envole au bal de Satan qui m’a le plus scotché. Et j’imaginais pas Satan comme ça. J’aurais jamais cru qu’il avait un gros chat noir appelé Béhémot pour ami… Ce bouquin emmène réellement dans un autre univers, et après tout n’est ce pas ce qu’on attend d’un bon livre?

Et puisque j’ai évoqué mon Papa au début, je voulais recopier ce petit passage du livre…
« Oh Dieux, dieux! comme la terre est triste le soir! Que de mystères dans les brouillards qui flottent sur les marais! Celui qui a erré dans ces brouillards, celui qui a beaucoup souffert avant de mourir, celui qui a volé au dessus de cette terre en portant un fardeau trop lourd, celui là sait! Celui là sait, qui est fatigué. Et c’est sans regret, alors, qu’il quitte les brumes de cette terre, ses rivières et ses étangs, qu’il s’abandonne d’un cœur léger entre les mains de la mort, sachant qu’elle -et elle seule- lui apportera la paix. » (p.614 dans mon édition)

 

Le maître et Marguerite ( Boulgakov) dans Litterature Etrangere le-maitre-et-marguerite-boulgakov-196x300

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Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler.

Luis Sepulveda
ISBN : 9782864248781 (Métailié)
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Si mon chat ne s’appelait pas dejà Gustave (oui, je crie mon amour pour Klimt, Flaubert et Courbet (Gustave, pas Julien) à travers mon chat)  je l’appellerais Zorbas. On dirait un nom de magicien, et c’est peut-être un peu magique, ce qu’il se passe dans ce roman. C’est un conte pour les enfants. Peut-être pour leur apprendre la solidarité, l’entraide, l’altruisme, la loyauté…
Une maman mouette est prise dans une flaque de pétrole et vient mourir sur le balcon d’un chat noir laissé seul pour les vacances. Elle lui fait promettre de couver son dernier oeuf et d’apprendre à voler à l’oisillon. Dur challenge pour un chat. Mais heureusement, lui et sa bande pote des gouttières vont y parvenir. Laborieusement, mais quand même.
C’est joli, ça se lit en un trajet de métro Montreuil-Trocadéro, et c’est suffisant pour en garder un bon souvenir.

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Kafka sur le rivage

Haruki MURAKAMI
ISBN : 9782264056160
10/18
Kafka sur le rivage dans Litterature Etrangere kafka_10-182x300

Ok. Moi, le Japon, ça me branche pas. J’aime pas les mangas (mais j’aime bien Lucile amour et rock n’roll), j’aime bien les california roll mais les buildings et la technologie super avancée, moyen.
Et la littérature japonaise, je la trouve pas transcendante. Ca parle souvent crument de sexe, en tout cas il en est question dans chaque bouquin. Des fois c’est vachement beau, mais enfin moi je suis comme ça, j’ai toujours la trouille qu’on lise par dessus mon épaule dans le métro et qu’on tombe pile poil sur le mot « pénis » ou « bande », et qu’on tire des conclusions hâtives sur mes lectures.
Mais là je m’en fichais, parce que ce bouquin est trop prenant. J’avais trop besoin de lire la suite pour m’intéresser à ce que le parisien moyen pensait de mes lectures.

On suit deux histoires entremêlées. Celle de Kafka Tamura un jeune de 15 ans qui fugue pour échapper à une malédiction annoncée par son père, et celle de Tanaka. J’ai pas envie de vous raconter dans le détail parce que ça enlèvera tout l’interêt, et toutes les connexions qui se font entre ces deux personnages. C’est à vous de découvrir. Sachez seulement que Tanaka parle aux chats (en fait, sans rien savoir de l’histoire à part ça, j’avais envie de lire le livre.), et qu’il est pas très intelligent, mais qu’il est cool comme papi. Que bien sûr l’intrigue est un peu… « fantastique », ça me rappelle le peu de japonais que j’ai lu, à savoir Ishiguro (qui écrit en anglais, je sais). Mais que c’est rondement mené, que ça fait parfois frissonner, que c’est un peu écœurant à certain moments, très poétique a d’autres, et un peu capillotracté aussi.
C’est une belle histoire, et les personnages sont très attachants.
C’est un conte initiatique où les rêves tiennent une grande place, les chats et les cailloux aussi.
En plus il pleut des poissons.

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ABC bestiaire

Janik Coat <3 chez Autrement
ISBN : 9782746730694

Aaaaah mais quel délice! Je ne m’en lasse pas. Après Clotaire et Popov et Samothrace dont j’avais déjà parlé ici, revoilà des animaux. vous me direz « mouais, des bestiaires au rayon jeunesse, y’en a pléthore. » je répondrai « oui, mais dans celui là, y’a des animaux que même moi, à 24 ans, je ne connaissais pas! ». Lacune de ma part ou génie de Janik?
Le principe, c’est que page après page, un animal est dessiné selon l’ordre alphabetique et un prénom lui est associé (« déjà vu! » râleurs.). Vous pouvez connaître éventuellement Didier le Dindon ou Isidore l’Iguane.
Mais avec-vous déjà croisé Jocaste le jabiru ou Ugo l’unau? Non hein! Et paf!

Mention spéciale pour William le Wombat qui est trop choupi!

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Les oiseaux se cachent pour mourir -part 1

Coleen McCullough
ISBN pour mon édition : 9782277210221

Qu’est ce qui m’a poussé à prendre ces deux J’ai Lu d’occas? Certainement pas la couverture moche moche qui reprend des images de la série télé, ni le logo de J’ai Lu qui n’est pas souvent gage de réussite littéraire… J’ai plutôt été attirée par l’histoire, pour une fois. Et par le titre, qu’on connait tous grâce au libraire caché (Repose en paix), mais qu’on sait pas trop de quoi il s’agit.
Alors, c’est l’histoire de Meggie, que l’on rencontre alors qu’elle est toute petite fille. Elle joue avec une poupée qui semble être le plus beau cadeau qu’elle ait jamais reçu. C’est le cas. La grande famille Cleary n’est pas bien riche, ils vivent en Nouvelle Zélande. Papa et Maman Cleary font beaucoup d’enfants, des garçons qu’ils mettent bien vite au travail et une seule fille qu’ils négligent un peu. Ce sont malgré tout des parents aimants, et le frère ainé, Frank, porte beaucoup d’amour a sa petite soeur. Mais il n’est pas le vrai fils de son père, et lorsque Frank décide de prendre le large, c’est une première déception pour Meggie, d’autres plus tristes encore suivront. La famille entière va se déplacer en Australie, sur le domaine de la tante des enfants, qui elle, ne manque pas d’argent du tout.  En faisant miroiter à son frère un héritage assez gras, il quittent donc l’Australie, et c’est le début des ennuis, ou bien le début de la vie, ça dépend comment vous voyez les choses.
En arrivant sur place, ils rencontrent le Père Ralph, très attaché à ses convictions religieuse mais néanmoins troublé par Meggie, qu’il prend instinctivement sous son aile afin de l’aider à trouver sa place dans cette famille de garçons. Inévitablement, avec les années, Meggie tombera folle amoureuse du Père qui se bornera à ne pas répondre à ses pulsions, sauf des fois comme ça, un p’tit bisou dans le cou, hop la ni vu ni connu j’t'embrouille.
C’est difficile pour Meggie de composer sa vie avec ce refus de s’engager vraiment. Il faudra pourtant faire avec, et comprendre qu’à priori, on ne garde pas auprès de nous toujours les gens qu’on aime…

Bon, la famille est attachante, Meggie aussi, mais Ralph est insupportable et sous ses airs gentils je pense que c’est un sale con. On verra dans la deuxième partie, je me la garde pour plus tard.
Ps : hé, elle est super vilaine cette couv’, non?

Les oiseaux se cachent pour mourir -part 1 livre00117-198x300

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A l’est d’Eden

John Steinbeck

A l'est d'Eden dans Litterature Etrangere 4207-0

Ma petite perle de l’année. L’an dernier, c’était Pat Conroy, et cette fois Steinbeck. Au collège, j’avais lu Des souris et des hommes, et je n’avais pas aimé (sûrement parce que c’était une lecture imposée).
J’ai trouvé mon exemplaire d’A l’Est d’Eden en version livre de poche, d’occasion à 1€, une édition de 1970 avec des pages jaunies qui puent. J’ai toujours l’impression de sauver un bouquin en l’aimant tel qu’il est. Généralement, plus l’état est minable, plus je l’aime.
Et quelle histoire!! Une saga familiale en Californie du Nord, des personnages bons et attachants, au point de pleurer dans le métro (shame), des mauvais dégoutants manipulateurs, des âmes qui se bagarrent contre le démon en elles, et qui haïssent mais aiment encore plus fort. Des liens qui libèrent, des liens qui brisent. De l’amour bafoué, du désamour pour de faux, des préférences, des preuves à donner, des secrets bien cachés… Deux générations, l’envie de savoir ce qui va bien pouvoir leur arriver, aux bons comme aux méchants.
Je l’ai dévoré, et j’ai aussi, pour faire exprès de me contredire, beaucoup aimé la traduction. De belles phrases à souligner parfois.
Je me tâte à lire d’autres Steinbeck. On est souvent déçus de faire ça. Restons sur une note positive…

Ps : James Dean a joué dans une adaptation cinéma qui reprend la fin de l’histoire, la deuxième génération. Je vais tenter de visionner le film, et je vous dirai…

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Sur la route

Jack Kerouac
ISBN : 9782070367665  (folio)

( -> Traduction de Jacques Houbart)

Enfin!! Acheté il y a au moins sept ans à la Fnac, il dormait gentiment dans ma bibliothèque… je l’ai prêté à un ami, je l’ai écouté m’en dire du bien, lui comme tout le monde autour, mais je ne me lançais pas. Pourquoi? Parce que moi, j’aime pas voyager, et c’est quand même le fil conducteur du truc, le voyage. Le road trip, les kilomètres en bagnole, les routes toutes droites…

J’ai mis un temps fou à le lire. La traduction, à mon sens, est abominable (je n’aime pas trop les romans étrangers pour ça, et je suis incapable de lire en anglais, c’est bien dommage…), l’histoire est pleine de patronymes (trop. Comme dans Perceval) et de lieux différents. L’intrigue est moyen bof, à par rouler et trouver des minettes, il ne se passe grand chose. A mon avis, un gros gribouillage.  Mais au moins, c’est lu, et l’affaire est faite. Je ne me permettrai pas de dire que c’est mauvais, c’est sûrement très bon… mais en Anglais! Ou alors le nouveau rouleau, une nouvelle traduction…

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