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Face aux ténèbres, William Styron

Je devrais écrire davantage. Je devrais lire davantage. Par là j’entends, je devrais arrêter de me convaincre que la réponse à mes problèmes se trouve dans les bouquins de développement personnel.
C’est pas que j’ai pas envie, c’est que j’y arrive plus. Les livres me tombent des mains, mon ventre n’avale plus rien, mon cœur sèche (pas mes yeux) doucement, et mon cerveau n’est plus grandement stimulé. [ Ecoutez le dernier album de Damien Rice, il vaut le coup. ]

Depuis tout ce temps, j’ai tenté un essai sur le courage, mal formulé, mal écrit, mal métaphoré, trop compliqué certainement, probablement trop personnel aussi. Pourtant il paraît que la première règle à suivre lorsque qu’on veut écrire, c’est de traiter de sujets qu’on ne connait pas. Durant cette dernière année, le courage n’a pas franchement été ma ressource majeure.

Dans cet abîme j’ai quand même trouvé un trésor. Tout petit, et qui ne parlera sûrement qu’à moi… Ou peut-être aussi à mes proches s’ils le lisaient. Mes vrais proches. Ma famille. Ceux qui ont partagé un bout de vie avec moi, il y a des années, un mois, un week-end. Six ans. Et n’ont jamais vraiment compris. Mes amis aussi, mais eux, je ne souhaite pas véritablement qu’ils comprennent. On s’accepte comme on est, et rien n’est véritablement pénible puisqu’on ne vit pas ensemble au quotidien.
Mais ceux avec qui l’on vit. Avec qui l’on a vécu…

Face aux ténèbres. William Styron. Celui du Choix de Sophie. Un tout petit bouquin chez folio, où l’auteur raconte un épisode dépressif vécu, et l’angoisse qui l’accompagne (cause ou conséquence? ça, on se bagarre toujours pour savoir…). C’est la traduction d’un mal difficile à décrire, les insomnies, les questions qui taraudent, les autres qui tentent de nous aider sans savoir par quel bout démêler la pelote. Les besoins insatisfaits, les envies inexistantes. La joliesse qui file entre les doigts, la longueur des jours et des nuits. Ce à quoi on tente de se raccrocher (une odeur de lavande qu’on fout partout, sur les coussins, sur les écharpes, au creux des poignets, le parfum d’une crème de jour, le chat qui semble comprendre sans les mots, le bruit de l’eau qui coule dans la douche, dans la tasse de thé, les coins de plafond, le moelleux des draps, la chaleur d’une mère au lever, les photos de ceux qui ne sont plus là, un sourire qu’on imagine, une voix qui dit « y’a rien de grave ».), les instants fugaces où l’on croit aller mieux, jusqu’à la prochaine fois.

Il dit « oui, ça ira mieux ». Il parle d’autre chose, mais ça convient pour toutes les situations. Il a probablement raison, pour l’instant j’y vois pas clair.

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Ecrire est une enfance

J’avais écris une super critique et pouf, tout s’est effacé. Je ferai court donc : c’est chouette, encore.
Delerm, j’essaye toujours de tout lire, sauf quand il est question de vélo, je sais pas, ça me botte pas.Mais cette fois les petits instants de bonheur, on n’en parle pas, ou alors vite fait parce que quoi qu’il arrive on les aime trop. Ce livre là est en pîle sur la table des essais. Philou d’amour revient sur son enfance, sa vie entourée d’instituteurs, sa vocation et ses propres méthodes (j’aurai adoré l’avoir comme prof, bien que Messieurs Cardat et Nicolaon roxaient du poney) ses tatonnements, sa difficulté à imposer un style simple, épuré mais qui passe vachement bien. Il nous parle de cinéma, de musique, de ses potes auteurs (Le Clézio, D’Ormesson), de sa femme Martine et de ses dessins. De leur vie en Normandie. De ceux qui l’ont influencé (Renard, Léautaud petit coeur). Et, même à un moment, il nous parle de Vincent chéri.Alors ça ne pouvait que me plaire.Cette famille, je l’aime d’amour. Et puis Philou me donne envie de lire du Le Clézio malgré l’échec cuisant de La Ronde et autres faits divers, jadis. Il est fortiche.

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MUZE

Parution tous les 3 mois.

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Anciennement dans les kiosques, Muze est une revue (qui surfe sur la vague de XXI, Usbek et Rica et autres Ravages…) orientée vers la culture en général : art, cinéma, musique, littérature…Autrefois jeune fille je fus abonnée, et un jour pouf tout s’est arrêté. J’ai grogné avec le reste du monde, et voilà que la rédac a sorti cette nouvelle version disponible en librairie a un prix tout a fait honorable (une dizaine d’euros pour un trimestriel, c’est carrément honnête!).On saluera la maquette si joliment présentée, et l’effort de coller à l’actualité. Chaque trimestre on se focalise sur un artiste, un endroit du monde, on plance sur un dossier sérieux, un peu de psycho aussi étayée toujours par des morceaux de réflexions d’auteurs connus, enfin on nous présente quelques textes en avant première, et les lecteurs y vont aussi de leur plume, un peu.
Muze, ca parle aux curieux, après la lecture on a envie d’aller fouiner partout, de tout lire, de bouffer la culture.

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J’ai grandi dans des salles obscures

 

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Gauthier Jurgensen (Lattès)
ISBN : 9782709630825

C’était un coup de coeur de première année de librairie, trouvé au hasard dans le rayon cinéma, la couverture me plaisait, elle faisait un peu années 80. A travers plusieurs films grand public (et des fois moins), l’auteur nous raconte un souvenir d’enfance, d’adolescence. J’ai pu retrouver Gauthier sur Facebook pour le féliciter, et il a eu la gentillesse de me répondre. Ce livre a déja 2 ans mais je pense que c’est utile de se le procurer, d’abord pour la culture du cinéma, ensuite pour le jeune auteur (il est né en 84) qui s’est bien débrouillé pour son premier livre.
Chaudement recommandé!

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Sagan, à toute allure.

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Marie-Dominique Lelièvre (Denoël, folio)
ISBN : 9782070379828

La biographie de Françoise Sagan, du début, à la fin, et la lente descente aux enfers de cette femme si charismatique et tellement triste à l’intérieur. Elle donne le change, noie son chagrin dans la vitesse et l’excès en tout genre.
De ses amitiés qui comptent plus que tout a son addiction à la cigarette (entre autre), sa difficulté à trouver l’homme qui saura l’aimer à son exigence, avant de comprendre que c’est les femmes qu’elle préfère.
La bougonne est attachante. L’auteur est balaise. Voyons si sa biographie de Saint Laurent est aussi bonne?

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Bovary, prénom Charles |
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