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Et Nietzsche a pleuré

Irvin Yalom
Livre de poche – 9782253129455

Une amie m’a offert ce livre, sans occasion particulière. Elle qui sait les mots et mes maux, a pensé que la lecture ferait écho dans mon petit cerveau, et elle a eu raison.

Vienne, fin du XIX° siècle.
Le cadre spatio-temporel me plaît. Souvenirs de mes cours de philo, souvenirs d’un semestre à la fac sur la Secession Viennoise, et tout ça colle parfaitement avec l’exposition Au temps de Klimt à la Pinacothèque de Paris.
Ici, les personnages principaux sont le Docteur Breuer, Lou Andreas Salomé (grâce a qui j’ai obtenu mon brevet professionnel de libraire, sa biographie chez folio est le seul et unique livre jamais volé dans ma vie.), Nietzsche et accessoirement, Freud.
Il y a deux triangles amoureux, pour résumer : Nietzsche aime Lou, qui aime Paul; Breuer est marié à Mathilde mais aime Bertha qui ne l’aime pas. Deux contrariés donc, Breuer et Nietzsche, qui vont se psychanalyser, s’hypnotiser, essayer de se comprendre tant bien que mal et remettre de l’ordre dans leur vie.

C’est Nietzsche qui m’interesse le plus. Il est attaqué par des crises d’angoisses qui lui flanquent de violents maux de tête, il est malheureux, refuse l’aide qu’on tente de lui apporter, il est renfermé, blasé, déçu, il souffre en silence, et Breuer tente de faire tomber, une par une, toutes ses barrières. Nietzsche est en pleine gestation de Zarathoustra et pose tranquillement les bases de sa réflexion, sans parvenir, seul, à relativiser sa situation.

J’ai souligné tout un tas de phrases.

« De même que les os, les muscles, les viscères et les vaisseaux sanguins sont entourés d’une peau qui rend la vue de l’homme supportable; les émotions et les passions de l’âme sont enrobées dans la vanité : c’est la peau de l’âme. »

« Je crois qu’il est possible [...] de choisir sa maladie par inadvertance, en optant pour un mode de vie qui engendre une angoisse. Lorsque celle ci devient écrasante ou chronique, elle agit à son tour sur un système organique fragile [...]. On ne choisit pas, à proprement parler, une maladie, en revanche on choisit bel et bien l’angoisse, et c’est l’angoisse qui se charge de choisir la maladie! »

 » Souvent, lorsque la nuit je suis dans mon lit, éveillé, effrayé par la mort, je me récite la maxime d’Epicure : « Quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas. » C’est une vérité éminemment rationnelle, irréfutable. Mais lorsque la peur est plus forte que moi, rien n’y fait, et cette phrase ne m’apporte aucun repos. Dans ce cas la philosophie ne suffit plus. Enseigner la philosophie et la pratiquer sont deux choses différentes. »

« Je crois qu’une partie de vos malheurs est due à une rancune enfouie. Il y a en vous quelque chose, une peur, une timidité, qui vous empêche d’exprimer votre colère, au lieu de quoi vous vous vantez de votre gentillesse. Vous faites de nécessité vertu en enfouissant vos sentiments profondément puis, parce que vous ne connaissez pas la rancune, en vous prenant pour un sain. Vous ne jouez plus le rôle du médecin compréhensif, vous êtes devenu ce rôle, vous vous croyez trop intelligent pour connaître la colère. Entre nous, Josef, une petite vengeance peut avoir du bon, et il n’est rien de pire qu’une rancune ravalée! »

 » Tous les pères finissent par mourir : le mien, le vôtre, tout le monde. Cela n’explique en rien la maladie. « 

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Lettres à un jeune poète – Rainer Maria Rilke.

9782842051563FSISBN : 9782842051563 (1001 nuits)

 

Je ne sais plus par quel détour j’ai eu la curiosité de lire Rilke, et aussi Jacobsen. Alors autant, je ne chroniquerai pas Jacobsen parce que tout simplement, c’était pas nul, mais je ne me souviens d’aucune émotion, autant Rilke a été une bonne pioche.
Je crois que ma Simone a du en parler en parlant de Sartre, qui s’inspira de à propos de l’existentialisme.

Ces derniers mois, j’ai fouillé dans la philosophie, j’ai pris un gros recul sur moi, j’ai été prise d’une infinie curiosité à tenter de comprendre les mécanismes de l’angoisse et du cerveau. Je ne peux pas dire que, comme Sartre, j’en étais arrivée au point de voir des crustacés se promener dans Paris, mais j’ai eu ma dose de trucs pas cools aussi…
Bref. Pour en revenir à Rilke, c’est un tout petit bouquin de rien du tout, qui ne contient que les réponses de Rilke à son jeune poète (dommage, j’aimerais beaucoup trouver quelque chose de plus fourni dans la correspondance).

C’est bien simple, moi et mon crayon qui souligne les phrases que j’aurais pu écrire si je savais traduire mes émotions, nous avons noirci le livre.Il n’y a pas d’histoire, il s’agit simplement d’un jeune poète qui demande des conseils à un auteur talentueux, et cet auteur talentueux essaye, au mieux, de lui livrer conseils et philosophie de vie. A prendre ou à laisser.
Je recopie ici certains extraits qui m’ont touchée :

 » Fuyez donc les grands thèmes pour ceux que vous offre votre propre quotidien; dites vos tristesses et vos désirs, vos idées fugitives et votre foi en une beauté, quelle qu’elle soit – dites tout cela avec une sincérité profonde, sereine, humble et, pour vous exprimer, utilisez les choses qui vous entourent, les images de vos songes et les objets de vos souvenirs. »
 » Cher Monsieur, aimez votre solitude et supportez la douleur qu’elle vous cause en faisant bellement chanter vos plaintes. »
 » Dangereuses et mauvaises sont seules ces tristesses qu’on emporte au milieu des gens pour les estomper… »
 » (A propos du monde); S’il s’y trouve des frayeurs, ce sont les « notres », s’il s’y trouve des abîmes, ces abîmes nous appartiennent, y a-t-il des dangers, il nous faut alors tenter de les aimer. »
« … la maladie est le moyen qu’à l’organisme pour se libérer de ce qui lui est étranger; il faut alors simplement l’aider à être malade, à avoir sa maladie dans sa totalité, à la laisser se déclarer, car c’est par là qu’il progresse. »

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Les Belles Endormies – Yasunari Kawabata

9782253029892-TISBN : 9782253029892 (livre de poche)

 

On m’a offert ce livre pour mon anniversaire. J’ai d’ailleurs été très touchée…
Et un peu affolée. La littérature japonaise, pour ce que j’en connais (c’est à dire pas grand chose excepté Kafka sur le rivage de Murakami, et justement deux autre Kawabata,  Tristesse et beauté, et La beauté, tôt vouée à se défaire), c’est souvent rempli d’allusions – voir de faits – carrément cochons, et moi, ça me fiche mal à l’aise. Alors autant dire qu’en lisant la quatrième de couverture de Kawabata et connaissant le genre de taquineries habituelles de la personne qui me l’a offert, j’ai sué à grosse goutte.

Brièvement, c’est  l’histoire d’Eguchi, un homme plus vieux que jeune, un peu seul, qui se rend régulièrement dans une espèce de maison close où des jeunes femmes sont sédatées afin de « tenir compagnie » aux vieux hommes. Clairement, il semble qu’une règle stipule qu’il ne peut s’agir que de dormir à leur côté, mais on connait bien les hommes et leurs vices, et forcément, Eguchi se pose tout un tas de questions… D’abord, il est fasciné par la beauté de ces belles endormies. Ensuite, elles sont pour lui comme des madeleines de Proust : une odeur, la couleur des lèvres, et le voilà plongé dans ses souvenirs lointains. Mais il est intrigué par la drogue qui les fait dormir si profondément, d’un sommeil « de mort » dit-il… Au final il résiste à ses pulsions (ouf, ma pudeur n’est pas ébranlée), mais à la toute fin, il se passe une étrangeté…

C’est une écriture très poétique dans les descriptions, dans les ressentis du vieil homme. Une belle lecture, mais ça, il m’était interdit d’en douter…

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Crime d’Honneur

Crime d'Honneur dans Litterature Etrangere crime-d-honneur-de-shafak-elif-936804170_ml1-100x150

Elif Shafak
ISBN chez Phébus : 978-2-7529-0743-1

 

 

 

 

Elif Shafak que j’aime de tout mon coeur, j’attendais avec impatience ton nouveau livre! Les couvertures Phébus sont toujours jolies, c’est du meilleur effet dans ma bibliothèque et tu as l’honneur d’avoir été achetée en grand format (impatience bouffeuse de porte-monnaie).
Donc non, je n’ai pas lu Bonbon Palace ni La Batarde d’Istanbul, j’ai accroché avec Lait Noir dont j »ai déjà parlé ici…
J’aime toujours apprendre la Turquie avec Elif et « stambouliote » est vraiment un mot trop cool.

Ici l’histoire démarre en Iran, et l’on apprend la famille et les traditions, c’est une saga. Comme de coutume avec Elif on se balade entre différentes époques selon la génération de la famille qui raconte l’histoire. Pembe et Jamila sont nées jumelles et filles, d’une mère morte en couche qui souhaitait un garçon. Esma, celle qui démarre l’histoire, est la fille de Pembe. Esma a deux frères, un qui passe ses soirées dans un squat parce qu’il est amoureux d’une punk trop vieille pour lui, et un qui est pas super gentil et qui va faire des conneries. Faut dire que les modèles masculins du roman ne sont jamais franchement mielleux dans la vie.
Pembe a choisi de vivre comme une citadine, de se marier et d’avoir des enfants; Jamila est guérisseuse (sorcière quoi) dans un village de bouseux ou quand on frappe à la porte il vaut mieux prendre son fusil avant d’aller ouvrir. Ni l’une ni l’autre n’est tout a fait heureuse dans ces choix qui sont faits… Lorsque les deux sœurs se retrouvent à Londres, un drame se produit, drame dont on nous parle depuis le début du livre et qui trouve enfin son explication… Je n’en dis pas plus…

C’est toutes les contradictions de l’être qui sont exprimées dans ce livre. L’étude des personnages féminins, de ce qui leur est imposé en Iran, de leur place dans la société, est vraiment intéressante. Le personnage du fils de Pembe, Iskender, est captivant également, même si l’on a parfois envie de ne pas lui accorder tant d’importance de par ses faits.
C’est un bon livre et une histoire bien ficelée, je recommande vivement.

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De sang froid (Truman Capote)

ISBN : (un folio offert pour deux achetés… il trainait depuis deux ans dans ma bibliothèque.)

Alors ça! J’avais lu La traversée de l’été de Capote, une amourette estivale, j’avais bien aimé.
La, on est dans un tout autre registre, on parle de meurtre gratuit…
C’est génial. Ça part d’un fait réel que Capote a lu dans le journal : le meurtre d’une famille entière sans mobile apparent. Capote se déplace et enquête pour de vrai. Il créé un nouveau style d’écriture. Le bouquin ne sera pas publié tant qu’il n’aura pas le dénouement de l’affaire. (Psst, y’a un film pas mal foutu qui reprend tout ça, avec un chouette Truman Capote)
C’est chouette parce que ça tient en haleine. On alterne les visions des membres de la famille avant la catastrophe, et les visions des assassins qui se préparent. O sait à peu près pourquoi ils en veulent après cette famille en particulier, mais on a envie de savoir pourquoi ces deux tarés sont allés aussi loin dans la barbarie alors qu’ils n’ont pas trouvé ce qu’ils veulent, qu’ils ne sont pas franchement méchants, voire même un peu simplets. Tellement que l’un des deux devient presque attachant sous la plume de Truman Capote, et grâce à l’analyse psychologique fournie qu’il nous fait de lui…

C’est pas franchement gai mais c’est excellent.

 

De sang froid (Truman Capote) dans Litterature Etrangere truman-capote-de-sang-froid-181x300

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L’art de la joie (Goliarda Sapienza)

ISBN : 9782266178013 (pocket)

C’est à cause de « Moi, Jean Gabin » paru à la dernière rentrée littéraire, que celui là m’est tombé dans les mains. J’ai lu les deux, mais l’Art de la joie a fait mouche, l’autre pas… Quoi dire?

Un bon gros pavé de bouquin, à mon sens un espèce de conte dans une vieille Italie, une femme dominée puis dominante, une histoire de puissance, de confiance en soi, d’affirmation, une lutte féministe, mais aussi une belle histoire de famille, de don se soi.
Modesta, pour le prénom de l’héroïne. Elle se fait railler pour ce prénom toute son enfance, moi je le trouve très chouette. Comme souvent, une petite bombe de livre qui a d’abord choqué (quoi, parce qu’elle est violée enfant, puis un peu lesbienne et constipée en prison?) puis a séduit de toutes les convictions qu’il porte.
Il y a un peu de politique derrière, mais comme je déteste ça je n’ai rien retenu… C’est du sel en plus, l’importance est ailleurs.

J’ai trouvé l’écriture bonne, c’est pourtant une traduction, d’habitude ça coince, mais là rien.
Une ode à la liberté. De la petite fille qu’elle était, de la femme qu’elle est devenue, des gens qui l’entourent, hommes ou femmes.
La liberté de la lectrice, qui au moment de cette lecture, faisait une sorte de bilan et classait les choses qu’elle faisait de bon cœur et les autres dont elle souhaitait s’affranchir au lieu de se rendre malade. Une façon d’apprendre à dire non, une façon de grandir aussi.

 

L'art de la joie (Goliarda Sapienza) dans Litterature Etrangere sapienza-goliarda-l-art-de-la-joie-livre-893727054_ml

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Le maître et Marguerite ( Boulgakov)

ISBN : 9782221116869 (pavillons poche)

Bien bien. Oui, ça fait un bon long moment que je ne suis plus passée ici. Bien des choses ont changé… Il manque un père à ma vie, on a beaucoup pleuré et puis on s’est dit que le mieux c’était de continuer. Et il manque un boulot aussi, ceci dit maintenant j’ai plein de temps pour chroniquer, alors allons-y.

J’ai pas lu énormément. La faute à la spécialisation Architecture, évidemment sous mon nez, sur les tables, il y avait plutôt le catalogue de l’expo Labrouste que le dernier mauvais Grasset. Je me suis focalisée sur la lecture de classiques en me tenant informée des nouveautés du mieux possible (merci au Grand Journal et  à La Grande Librairie. De « grandes » émissions. Et mes potes libraires aussi, c’est évident).
Je suis partie en vacances au ski, mais je n’aime pas skier, et à trois jours du départ je me suis rendue compte que j’avais rien prévu à lire, donc je suis allée à la Fnac (voui parce que sur Place des Libraires personne l’avait près de chez moi), et j’ai acheté Mary Poppins. Le livre. Mais j’ai pas envie de parler de lui tout de suite.

Non. Je vais parler du Maître et Marguerite. Je l’ai pris pour plusieurs raisons.
1. J’ai eu une collègue qui s’appelait Marguerite, elle me faisait peur et elle était vraiment bizarre.
2. Il y a un gros chat sur la couverture du bouquin. Avec une couronne.
3. C’est un gros livre, idéal pour une semaine devant le feu
4. C’est russe, et ça me manquait, depuis Gontcharov.

Alors, je ne suis pas certaine d’avoir tout pigé de l’histoire… C’est loin de ce que je lis d’habitude, Satan, les sorcières qui volent à poil sur des balais (pire même : des hommes changés en porcinet), des crèmes qui font rajeunir, des fous qui marchent en caleçon dans la froide Russie en parlant d’un chat qui prend le tramway tout seul… Je me suis franchement demandée si j’allais tenir la distance, surtout que j’ai beau adorer la littérature russe, je ne me fais pas du tout aux patronymes qui se ressemblent tous. Bref, j’étais un peu perdue, mais j’ai tenu bon, j’ai tout lu, et même j’ai aimé. Je crois que c’est le fabuleux passage de Marguerite qui s’envole au bal de Satan qui m’a le plus scotché. Et j’imaginais pas Satan comme ça. J’aurais jamais cru qu’il avait un gros chat noir appelé Béhémot pour ami… Ce bouquin emmène réellement dans un autre univers, et après tout n’est ce pas ce qu’on attend d’un bon livre?

Et puisque j’ai évoqué mon Papa au début, je voulais recopier ce petit passage du livre…
« Oh Dieux, dieux! comme la terre est triste le soir! Que de mystères dans les brouillards qui flottent sur les marais! Celui qui a erré dans ces brouillards, celui qui a beaucoup souffert avant de mourir, celui qui a volé au dessus de cette terre en portant un fardeau trop lourd, celui là sait! Celui là sait, qui est fatigué. Et c’est sans regret, alors, qu’il quitte les brumes de cette terre, ses rivières et ses étangs, qu’il s’abandonne d’un cœur léger entre les mains de la mort, sachant qu’elle -et elle seule- lui apportera la paix. » (p.614 dans mon édition)

 

Le maître et Marguerite ( Boulgakov) dans Litterature Etrangere le-maitre-et-marguerite-boulgakov-196x300

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Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler.

Luis Sepulveda
ISBN : 9782864248781 (Métailié)
Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler. dans Litterature Etrangere 9782864248781-98x150

Si mon chat ne s’appelait pas dejà Gustave (oui, je crie mon amour pour Klimt, Flaubert et Courbet (Gustave, pas Julien) à travers mon chat)  je l’appellerais Zorbas. On dirait un nom de magicien, et c’est peut-être un peu magique, ce qu’il se passe dans ce roman. C’est un conte pour les enfants. Peut-être pour leur apprendre la solidarité, l’entraide, l’altruisme, la loyauté…
Une maman mouette est prise dans une flaque de pétrole et vient mourir sur le balcon d’un chat noir laissé seul pour les vacances. Elle lui fait promettre de couver son dernier oeuf et d’apprendre à voler à l’oisillon. Dur challenge pour un chat. Mais heureusement, lui et sa bande pote des gouttières vont y parvenir. Laborieusement, mais quand même.
C’est joli, ça se lit en un trajet de métro Montreuil-Trocadéro, et c’est suffisant pour en garder un bon souvenir.

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Kafka sur le rivage

Haruki MURAKAMI
ISBN : 9782264056160
10/18
Kafka sur le rivage dans Litterature Etrangere kafka_10-182x300

Ok. Moi, le Japon, ça me branche pas. J’aime pas les mangas (mais j’aime bien Lucile amour et rock n’roll), j’aime bien les california roll mais les buildings et la technologie super avancée, moyen.
Et la littérature japonaise, je la trouve pas transcendante. Ca parle souvent crument de sexe, en tout cas il en est question dans chaque bouquin. Des fois c’est vachement beau, mais enfin moi je suis comme ça, j’ai toujours la trouille qu’on lise par dessus mon épaule dans le métro et qu’on tombe pile poil sur le mot « pénis » ou « bande », et qu’on tire des conclusions hâtives sur mes lectures.
Mais là je m’en fichais, parce que ce bouquin est trop prenant. J’avais trop besoin de lire la suite pour m’intéresser à ce que le parisien moyen pensait de mes lectures.

On suit deux histoires entremêlées. Celle de Kafka Tamura un jeune de 15 ans qui fugue pour échapper à une malédiction annoncée par son père, et celle de Tanaka. J’ai pas envie de vous raconter dans le détail parce que ça enlèvera tout l’interêt, et toutes les connexions qui se font entre ces deux personnages. C’est à vous de découvrir. Sachez seulement que Tanaka parle aux chats (en fait, sans rien savoir de l’histoire à part ça, j’avais envie de lire le livre.), et qu’il est pas très intelligent, mais qu’il est cool comme papi. Que bien sûr l’intrigue est un peu… « fantastique », ça me rappelle le peu de japonais que j’ai lu, à savoir Ishiguro (qui écrit en anglais, je sais). Mais que c’est rondement mené, que ça fait parfois frissonner, que c’est un peu écœurant à certain moments, très poétique a d’autres, et un peu capillotracté aussi.
C’est une belle histoire, et les personnages sont très attachants.
C’est un conte initiatique où les rêves tiennent une grande place, les chats et les cailloux aussi.
En plus il pleut des poissons.

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A l’est d’Eden

John Steinbeck

A l'est d'Eden dans Litterature Etrangere 4207-0

Ma petite perle de l’année. L’an dernier, c’était Pat Conroy, et cette fois Steinbeck. Au collège, j’avais lu Des souris et des hommes, et je n’avais pas aimé (sûrement parce que c’était une lecture imposée).
J’ai trouvé mon exemplaire d’A l’Est d’Eden en version livre de poche, d’occasion à 1€, une édition de 1970 avec des pages jaunies qui puent. J’ai toujours l’impression de sauver un bouquin en l’aimant tel qu’il est. Généralement, plus l’état est minable, plus je l’aime.
Et quelle histoire!! Une saga familiale en Californie du Nord, des personnages bons et attachants, au point de pleurer dans le métro (shame), des mauvais dégoutants manipulateurs, des âmes qui se bagarrent contre le démon en elles, et qui haïssent mais aiment encore plus fort. Des liens qui libèrent, des liens qui brisent. De l’amour bafoué, du désamour pour de faux, des préférences, des preuves à donner, des secrets bien cachés… Deux générations, l’envie de savoir ce qui va bien pouvoir leur arriver, aux bons comme aux méchants.
Je l’ai dévoré, et j’ai aussi, pour faire exprès de me contredire, beaucoup aimé la traduction. De belles phrases à souligner parfois.
Je me tâte à lire d’autres Steinbeck. On est souvent déçus de faire ça. Restons sur une note positive…

Ps : James Dean a joué dans une adaptation cinéma qui reprend la fin de l’histoire, la deuxième génération. Je vais tenter de visionner le film, et je vous dirai…

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