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Le prince des marées

 

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Pat Conroy
ISBN : 9782266147972 (Pocket)

Ah. Pocket. On y trouve Levy, Musso et tout le tremblement. Je savais que Pat Conroy avait eu son petit succès, j’avais un peu peur de tomber sur du formaté « qui plaît à tout le monde », alors je le laissais dormir tranquillement dans le rayon littérature étrangère. Comme je suis faible, j’ai un jour fouiné au marché de Montreuil dans les caisses de livres de deuxième main, séduite par le panneau « 1€ le poche! ». Je suis libraire, mais quand même, là c’est moins cher que partout, et si c’est naze pas de regrets, je l’abandonnerai sur un siège de métro. Et puis, avec mon Pat Conroy (1€ les 1000 pages, tu te rends compte? Quand Stephane Hessel vend 3€ 30 pauvres pages d’indignation…), j’ai trouvé Bonjour Tristesse en vieux livre de poche et un L’écume des jours en 10/18 (je résiste pas, je vous montrerai les couvertures fabuleuses, ce sont mes trésors).

 

Bref, Pat m’a superbement tenu compagnie pendant deux jours de dur labeur sans clients dans un magasin-étuve. Et pour cause : vacances de Paques, chassé-croisé sur les routes, tous les parisiens qui ne sont pas partis se dorent la pilule aux Buttes Chaumont (et ils ont raison, les saligauds). Pat Conroy, c’est fantastique. Dès les premières pages j’ai regretté de ne pas me l’être gardé pour les grandes vacances. Un livre de plage PARFAIT.

Une saga familiale qui se passe en Caroline du Sud, et accroche toi lecteur, la description des paysages fait rêver, tu vois le soleil, les peaux tannées, les bateaux de pêche, les marais, les moustiques, ambiance quoi. Tom, Luke et Savannah évoluent dans ce décor majestueux entre un père pêcheur de crevettes et une mère belle à crever qui s’ennuie sévèrement avec son mari. Papa cogne de temps en temps sur qui l’embête et élabore des stratégies pour devenir riche qui font honte à Maman. Ajoute un peu de misère à tout ça, des grands parents loufoques à souhait et quelques drames dont on évite de parler, ça y est, la famille te plaît déjà, tu es dans l’histoire.
Tom est grand maintenant. Il vit avec sa femme Sallie et leur trois enfants, il a l’air un peu malheureux, il est homme au foyer et brouillé avec ses parents mais on ne sait pas pourquoi. Voilà que Maman fait son apparition et annonce que Savannah est à l’hopital, qu’elle a tenté de se suicider. Tom quitte donc sa Caroline et monte a New York retrouver sa soeur. C’est à partir de là qu’il entame un long processus de retour en arrière et tente de faire le point sur ce qu’il est aujourd’hui, et ce à quoi il aspire. A New York, le temps d’un été, il rencontrera des gens qui compteront beaucoup pour lui et qui l’aideront à se souvenir de son enfance chaotique.

L’histoire tient parfaitement en haleine, et l’on se soucie vraiment du destin de chacun des trois enfants Wingo, les rebondissements (brillamment distillés dans les pages, on a toujours envie de lire plus en avant pour enfin savoir) collent des frissons, les angoisses sont transmises au lecteur, et bien sûr il y a de la romance là dessous, c’est inévitable et ça plaît forcément.Bref, ruez-vous dessus si ce n’est pas déjà fait. Je ne ferais qu’un reproche : En bonne fifille que je suis, les scènes de football américain ou encore la guérilla de Luke qui dure des pages et des pages sur la fin, je m’en serai passé, mais je suppose qu’il en faut pour tous les gouts!

Notez aussi! Barbara Streisand a réalisé l’adaptation cinéma du Prince des Marées, elle y campe le rôle du Docteur Lowenstein, le psychiatre de Savannah. Je ne l’ai pas vu encore, mais j’en crève!

 

Ps : mes couvertures fantastiques

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Dans le secret des miroirs

 

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Irvin Yalom (Galaade)
ISBN : 9782351760949

 

Je n’avais jamais lu Yalom, mais j’étais bien tentée, moi, torturée dans la tête, je me suis dit que ce serait sympa de savoir ce que les psy peuvent bien penser de nous quand on leur raconte toutes les conneries qui nous viennent en 30 minutes. C’est quand-même étrange qu’avec le peu de recul qu’ils ont ils puissent toucher du doigt en trois séances un problème qu’on se traîne depuis des années sans savoir d’où ça vient (ne cherchez plus, la réponse est invariablement : de vos parents, mademoiselle). Bref, ici, le traitement de l’histoire change un peu : ce n’est pas un roman, c’est un échange de lettres entre Giny et son thérapeute, le Dr Yalom. Elle ne paye pas ses séances, elle n’a pas d’argent pour ça, par contre des problèmes elle en a plein, à commencer par Karl, l’homme de sa vie mais visiblement pas l’homme de ses nuits, plutôt méchant au demeurant.Le Doc lui propose de « payer » ses séances sous forme de compte rendu écrit, oui, car Giny écrit (la malheureuse), mais n’a plus d’inspiration en ce moment, il faut dégeler l’encre du stylo, et ça, semble-t-il, c’est un bon exercice. Tour a tour, Giny sera moche, chouineuse, un peu amoureuse de son thérapeute, jalouse aussi, un jour elle aura mis en avant sa poitrine et ça lui donnera un peu confiance en elle, et puis Karl, comme d’hab, lui dira qu’elle a mal lavé la vaisselle, et elle sombrera de nouveau.Dit comme ça, ça a l’air chiant, soyons clairs, la vie de Giny n’est pas franchement passionnante (comme nous tous hein), mais ça devient plus intéressant lorsqu’on lit les compte rendus de Yalom (qui se prête au jeu, lui aussi), lui qui la pousse dans des directions qu’elle refuse de prendre, en sachant très bien que ça lui sera bénéfique, lui qui rage des séances où il ne se passe rien de constructif, qui tâtonne, et parfois s’embarque dans un rôle qui n’est pas le sien, car il affectionne Giny plus qu’il ne le devrait.
Bref, je plussoie, il y a des longueurs, mais dans l’ensemble, ça tient la route!

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Sylvia

Leonard Michaels (Bourgois / Points)
ISBN : 9782757819838

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De l’avis général, Sylvia, ça déchire. C’est le mot exact oui.Un couple qui s’aime sur les bancs de la fac, la fille est un peu instable, un peu trop passionnée, lui il se laisse un peu faire, et ils se déchirent. Ils se disputent, se marient, se disputent, elle ne supporte pas sa belle mère, ils se disputent, ils vont au cinéma, il s’aiment en sortant, et se disputent en rentrant. Il se séparent, renouent…
Ca n’a de cesse. De chantage en manipulation, quatre ans de vie commune nous sont racontés là dans un style étonnamment simple mais tellement vrai. Pauvre Leonard… mais pauvre Sylvia aussi, qui doit être si mal dans sa peau qu’elle en arrive à…
A quoi? Il faut lire pour savoir…

Ps : La couv’ du poche est moche, je préfère vous montrer le grand format.
Ps bis : Vous avez vu le court métrage dans Paris je t’aime avec Nathalie Portman? Ce livre me fait penser à ça.
Ps ter : Nina en parle aussi, ici

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Ne t’inquiète pas pour moi

Kuipers (LGF)
ISBN : 9782253159681

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Facile à lire, dévoré en une soirée, parfait pour le métro si on ne craint pas de se ridiculiser en pleurant devant tout le monde.
Une belle histoire racontée sous forme de post-its collés sur le frigo entre une mère sage femme et sa fille de 15 ans qui ne se croisent que très rarement à la maison. C’est tendre, plein d’amour et aussi très triste…
A rapprocher un peu du Comme elle vient de Raphaelle Riol sorti récemment (non, malheureusement, on n’y parle pas tant que ça de Bertrand et de Noir Dés, contrairement a ce que le titre pourrait laisser penser…) au Rouergue. Une maman partie soit disant pour des raisons égoïstes, abandonnant mari et enfants, inventant des histoires saugrenues pour excuser son absence : une histoire qui finit tragiquement.

C’est si difficile que ça d’écrire des histoire gaies?

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Oeil de Chat

Margaret Atwood
ISBN : 9782221123973(Pavillon poche)

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Un bon pavé. Margaret Atwwod, La servante écarlate, ça me branchait pas du tout, mais celui là, le résumé m’a parlé, je me suis dit que ce serait l’occasion de connaître l’auteur.

Ici, c’est l’histoire d’Elaine, que nous suivons de son enfance à sa vie de femme. Petite elle est persécutée par ses copines d’école, notamment Cordélia (c’est marrant, déjà dans Buffy c’était un nom de peste), qu’elle croisera a plusieurs reprises dans sa vie d’adulte. Pour se « protéger » elle trouve des petites astuces, d’abord le pelage de pied, pratique parce que personne ne voit la douleur qu’elle s’inflige, ces lambeaux de peau des pieds qu’elle s’arrache chaque soir. Ensuite elle apprend à contrôler des évanouissements; Chaque situation gênante trouve alors une issue, qu’elle résume très bien par « on s’évanouit et paf, quand on se réveille, le temps a passé sans vous ». Géant!
Dans sa vie familiale ça tourne plutôt rond, elle adore son frère qui lui parle de physique et d’astronomie, elle conserve précieusement une bille dans un sac à main en vinyle rouge, son père lui fait la leçon sur la situation du monde. Banal en somme.

En grandissant Elaine parvient à s’affirmer, elle rencontre des garçons, puis des hommes, choisit sa vie, se construit une personnalité, devient peintre ascendant féministe. Mais elle reste marquée par les gens et les épreuves qu’elle a traversé quand elle était plus jeune, sa peinture en témoigne, sa vie amoureuse aussi. Elle se rendra compte à chaque appel de Cordélia en détresse que finalement le tyran n’est pas celui qui s’en est le mieux sorti.

La force du bouquin c’est d’arriver à nous intéresser à une petite fille et à être perpétuellement curieux de savoir comment elle va se tirer de telle ou telle situation, ce qu’elle va devenir, quels choix elle va faire. Comme si Elaine était de notre propre famille, comme une soeur à laquelle on s’intéresserait avec passion. Joli livre.

Ps : et quelques phrases du bouquins surlignées parce qu’elles me parlent, que c’est ce que je voudrais dire. C’est un peu mon baromètre à bon bouquin, alors…

 

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Gog

Giovanni Papini
ISBN : 9782917084236 (éditions Attila)

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Du grand art. Le personnage au centre de l’histoire, c’est Gog. Il a de l’argent à ne plus savoir qu’en faire, il est fatigué des gens, du monde en général, il voudrait de l’intelligence autour de lui, des théories qui tiennent la route, autre chose que des futilités, que de la poésie qui ne vaut rien.Il rencontre sur la fin de sa vie des tas de gens qui vont lui livrer leurs idées fumeuses, lui raconter les histoires les plus abracadabrantesques.Il est question d’une île qui ne peut nourrir que 300 habitants pas un de plus, et à chaque naissance, il faut tuer quelqu’un pour garder l’équilibre. Il rencontrera les puissants : Freud, Lénine, Orson Wells… Freud lui expliquera sans honte l’origine de sa psychanalyse, lui avouera que ce n’était pas là sa vocation, qu’il voulait faire de la littérature, mais qu’en son temps Vienne ne valait rien dans ce domaine. Alors il utilisa la psychanalyse pour raconter des histoires à sa façon.
Gog est souvent déçu de ses rencontres. Dans son palace il invite souvent des gens pour échanger avec eux, prendre d’eux ce qu’il y a à prendre de bon : jamais grand chose finalement…
Gog est cynique, il ne critique jamais vraiment mais n’en pense pas moins. Gog n’aime personne au fond, je crois. Gog rabaisse tout le monde en son for intérieur. Mais Gog, tout du long, est seul… C’est grâce à un type rencontré un jour dans un asile de fou que ses notes sont publiées.
Ps : Chapeau bas aux éditions Attila qui là encore nous offrent un livre du plus bel effet dans la bibliothèque! Illustrations, jaquette et même en dessous, c’est chouette!

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Soufi mon Amour

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Elif Shafak (Phébus)
ISBN : 9782752904461

Aaaaah! Le Shafak de l’année! Après Lait Noir, je trépignais de voir si j’allais encore adorer. Bon, je suis mitigée. Ce qui est bien avec Shafak c’est qu’elle écrit pour nous cultiver, j’ai appris le mot stamboulliote dans Lait Noir et l’histoire de quelques mamans-écrivaines. Ici, me voilà au rayon sagesse, découvrons Rumi le poète, et Shams le derviche tourneur.C’est une histoire « vraie » qu’elle nous raconte, l’histoire de la rencontre entre ces deux hommes, d’un amour quasi fraternel qui détruit tout, la réputation, la famille, l’homme aussi. A travers les points de vue de différents personnages du village dans lequel vivent Shams et Rumi, l’histoire prend forme. Nous ne sommes pas au XIII° siècle vraiment, mais au XX° grâce à Ella, l’histoire dans l’histoire. Elle a trouvé un nouveau boulot de lectrice dans une maison d’édition, on lui a confier pour première mission de lire ce bouquin. Réticente au début, elle se laisse entraîner par l’histoire en voulant fuir son quotidien de maîtresse de maison, d’épouse qui galère avec Monsieur. Elle tombe légèrement amoureuse de l’auteur du bouquin, mais j’te raconte pas la fin.
Il faut être ouvert pour croire à toute cette sagesse qui rend le monde un peu trop facile à mon gout… Ceci dit ça devait pas être autant la merde au XIII°, peut-être qu’on se respectait un peu plus les uns les autres. (J’en doute, puisqu’un des personnages est une prostituée qui vit dans un bordel, et qu’à l’époque elle n’avait même pas le droit d’entrer à la mosquée. Le pouvoir masculin…)

Bref, à lire! Peut-être un peu longuet au démarrage, mais j’ai dévoré la fin!

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Mort au Romantisme!

 

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Antoni Casas Ros (Gallimard)
ISBN : 9782070124565

Moi, j’adore Casas Ros; Peut être parce qu’il est espagnol (j’ai un faible pour les espagnols, et pour les romans qui parlent de l’Espagne), peut être à cause du mystère qui plane autour de lui, peut être, je ne sais pas. Bref, celui là, Mort au Romantisme, je l’aime parce qu’il est fait de textes courts, souvent poétiques, jamais crétins, toujours un peu sexuels, des fois trop (mais avec le roman d’après, Enigma, on comprend que le garçon semble perturbé par le sexe).
Je n’ai pas lu le Théorème d’Almodovar, ça m’a paru compliqué à souhait, et moi j’aime pas quand c’est prise de tête (d’ailleurs, Inception, j’ai pas aimé).

Tu auras compris que plus ça parle de la vie normale, dans tout ce qu’elle a d’insignifiant (parle moi des grains de sucre sur la table), plus j’aime. Et nous sommes en plein dedans, sauf quand on déborde.

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Love Story

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Erich Segal (J’ai Lu)
ISBN : 9782290307816

Dégoté en vieille édition (les meilleures, celles avec des couvertures rétro) lors d’un Téléthon a 1€, dévoré en une journée, et émue. Là, pour le coup, c’est un roman de midinette (adapté en film, si vous préférez). Une histoire d’amour, d’école, de leucémie, de mort sur fond des années 70.
Jenny, Oliver (paye tes prénoms clichés), il est riche, c’est une intello, ils se détestent d’abord puis remuent ciel et terre pour convaincre le papa coincé d’Oliver que Jenny est une fille bien. A la centième page (sur les 120 du bouquin), paf, Jenny est malade. En 20 pages, paf, elle meurt.
Tu vas me dire que ça n’a plus d’interêt puisque j’ai raconté l’histoire, ici tu as le pitch, mais pas l’émotion, et rien que pour ça que je t’encourage à le lire. Segal a écrit ce bouquin en un été, fissa fissa. Il ne se doutait pas de son succès.
Il existe une suite que je n’ai pas lue, Oliver’s Story, mais d’après les avis des internautes c’est décevant…

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La ballade du café triste

 

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Carson MacCullers (Livre de Poche)
ISBN : 9782253035890

Plusieurs textes dans ce livre dont le thème principal est la solitude. La vie de l’écrivain est assez intéressante (dossier dans Muze), pleine de failles et c’est ce qui m’a donné l’envie de lire quelque chose d’elle. Les personnages s’essayent tous à donner de leur personne, à faire tomber des barrières vis à vis des autres quitte à souffrir un peu, et finalement découvrent qu’il est plus sage de rester seul. L’histoire la plus marquante est celle qui ouvre le recueil et donne son titre au livre, La ballade du café triste.
C’est court et ça donne à réfléchir, sans non plus se prendre la tête. Parfait pour le train.

J’ai noté un joli passage : « L’amour est, avant tout, une expérience commune à deux êtres. Mais le fait qu’elle leur soit commune ne signifie pas que cette expérience ait la même nature, pour chacun des deux êtres concernés. Il y a celui qui aime et celui qui est aimé, et ce sont deux univers différents. Celui qui est aimé ne sert souvent qu’à réveiller une immense force d’amour qui dormait jusque là au fond du coeur de celui qui aime. Celui qui aime sait que son amour restera solitaire, qu’il l’entrainera peu à peu vers une solitude nouvelle, plus étrange encore, et de le savoir le déchire.
[...]Celui qui est aimé a toutes les raisons de craindre et de haïr celui qui aime. Car celui qui aime est tellement affamé du moindre contact avec celui qu’il aime qu’il n’a de cesse de l’avoir dépouillé, dût-il n’y trouver que douleur. »

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