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Capitale de la douleur – Eluard

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Ciel dont j’ai dépassé la nuit
Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes
Dans leur double horizon inerte indifférent
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par delà l’attente
Par delà moi même
Et je ne sais plus tant je t’aime
Lequel de nous deux est absent.

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A toute épreuve. Eluard

Il s’est passé trop de choses et je ne sais plus me concentrer pour lire… Que ce soit Fitzerald ou Dostoïevski, ma mécanique de lecture est cassée…
Je me nourris autrement, avec de la musique, avec de la peinture. Mais tout de même au détour d’un feuilletage on peut trouver de belles choses …

L’univers solitude

I
Une femme chaque nuit
Voyage en grand secret

II
Villages de la lassitude
Où les filles ont les bras nus
Comme des jets d’eau
La jeunesse grandit en elles
Et rit sur la pointe des pieds

Villages de la lassitude
Où tous les êtres sont pareils

III
Pour voir les yeux où l’on s’enferme
Et les rires où l’on prend place

IV
Je veux t’embrasser je t’embrasse
Je veux te quitter tu m’ennuies
Mais aux limites de nos forces
Tu revêts une armure plus dangereuse qu’une arme

V
Le corps et les honneurs profanes
Incroyable conspiration
Des angles doux comme des ailes

- Mais la main qui me caresse
C’est mon rire qui l’ouvre
C’est ma gorge qui la retient
Qui la supprime.

Incroyable conspiration
Des découvertes et des surprises.

VI
Fantôme de ta nudité
Fantôme enfant de ta simplicité
Dompteur puéril sommeil charnel
De libertés imaginaires.

Paul Eluard

Tombée en amour du IV lors de l’exposition Lettres d’Amour au Musée des Lettres et des Manuscrits.

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Spooner

Spooner 51opmj8fxel._sl500_1-90x150Pete Dexter
ISBN chez Points : 978-2757827932

 

 

 

 

Bien bien bien. Je me suis fait taper sur les doigts pour ce bouquin parce que disait-on « ça fait 1 mois et demi que tu es dessus, il est génial je comprends pas que tu ne finisses pas plus vite! ». Oui mais mes amis sont libraires comme moi, et ils lisent plus que moi. J’ai pas honte, je lis ce qui me plaît quand ça me chante, je ne bosse plus en librairie donc je suis pas pressée. Le portrait de Dorian Gray vient seulement d’être lu alors qu’il était là depuis un bon bout de temps, et alors, j’ai envie de te dire?!

Bref, Spooner était effectivement très chouette, les filous se délectent toujours des histoires des autres filous qui pissent dans les frigos des gens la nuit. Spooner ne voulait pas trop trop naître (tu m’étonnes.) mais il a pas eu le choix alors tant qu’à être la autant faire des conneries ça passe le temps. Il n’aura pas une vie facile, son foyer ne déborde pas d’amour maternel mais fort heureusement il a quand même un modèle masculin qui l’aime et va lui apprendre un peu la vie sans jamais le rudoyer. Pourquoi j’ai mis longtemps à le lire? Parce qu’à un moment donné Spooner trouve enfin un sens a ses jours et il joue au … baseball. Longtemps. Trèèèèèès longtemps. En détails. Celle qui a arrêté le sport après le bac et n’a plus JAMAIS couru derrière son bus quitte à être en retard a la fac/ au boulot, supporte très mal les efforts sportifs quand c’est trop long. Même quand c’est littéraire. Mais cela reste un livre bien écrit, Spooner a une personnalité attachante même lorsqu’on espère qu’il va enfin cesser d’être mou du genoux et arrêter de pisser dans les frigos en loose-dé. Son beau-père, Calmer, et Spooner nous offrent une scène finale magnifique qui vaut vraiment le coup d’aller au bout du livre…

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Les oiseaux se cachent pour mourir -part 1

Coleen McCullough
ISBN pour mon édition : 9782277210221

Qu’est ce qui m’a poussé à prendre ces deux J’ai Lu d’occas? Certainement pas la couverture moche moche qui reprend des images de la série télé, ni le logo de J’ai Lu qui n’est pas souvent gage de réussite littéraire… J’ai plutôt été attirée par l’histoire, pour une fois. Et par le titre, qu’on connait tous grâce au libraire caché (Repose en paix), mais qu’on sait pas trop de quoi il s’agit.
Alors, c’est l’histoire de Meggie, que l’on rencontre alors qu’elle est toute petite fille. Elle joue avec une poupée qui semble être le plus beau cadeau qu’elle ait jamais reçu. C’est le cas. La grande famille Cleary n’est pas bien riche, ils vivent en Nouvelle Zélande. Papa et Maman Cleary font beaucoup d’enfants, des garçons qu’ils mettent bien vite au travail et une seule fille qu’ils négligent un peu. Ce sont malgré tout des parents aimants, et le frère ainé, Frank, porte beaucoup d’amour a sa petite soeur. Mais il n’est pas le vrai fils de son père, et lorsque Frank décide de prendre le large, c’est une première déception pour Meggie, d’autres plus tristes encore suivront. La famille entière va se déplacer en Australie, sur le domaine de la tante des enfants, qui elle, ne manque pas d’argent du tout.  En faisant miroiter à son frère un héritage assez gras, il quittent donc l’Australie, et c’est le début des ennuis, ou bien le début de la vie, ça dépend comment vous voyez les choses.
En arrivant sur place, ils rencontrent le Père Ralph, très attaché à ses convictions religieuse mais néanmoins troublé par Meggie, qu’il prend instinctivement sous son aile afin de l’aider à trouver sa place dans cette famille de garçons. Inévitablement, avec les années, Meggie tombera folle amoureuse du Père qui se bornera à ne pas répondre à ses pulsions, sauf des fois comme ça, un p’tit bisou dans le cou, hop la ni vu ni connu j’t'embrouille.
C’est difficile pour Meggie de composer sa vie avec ce refus de s’engager vraiment. Il faudra pourtant faire avec, et comprendre qu’à priori, on ne garde pas auprès de nous toujours les gens qu’on aime…

Bon, la famille est attachante, Meggie aussi, mais Ralph est insupportable et sous ses airs gentils je pense que c’est un sale con. On verra dans la deuxième partie, je me la garde pour plus tard.
Ps : hé, elle est super vilaine cette couv’, non?

Les oiseaux se cachent pour mourir -part 1 livre00117-198x300

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Arlington Park

 

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Rachel Cusk
ISBN :  9782757810064 (Points)

Très déroutant. Je pensais rire un peu comme quand je regarde Desperate Housewives, mais pas du tout. Il s’agit d’un groupe de femmes relativement aisées qui vit dans un quartier banal de riches. Ça n’empêche ni la pluie de tomber, ni les petites filles de se faire enlever. Pendant 24h on suivra ces femmes dans leur vie personnelle. Faisant du shopping, examinant leur silhouette avec un oeil critique, se maquillant ou mijotant un dîner pour quelques amis du quartier. Nous rencontrerons messieurs leurs maris, tout a fait respectables, mais nous verrons bien le clivage homme-femme. Au bord de la crise de nerfs, elle le sont toutes. Même au volant d’un 4×4 tout puissant, les enfants font leur cirque et les seins tombent avec les années. L’argent n’y peut rien. Elles ne se sentent pas grand chose, pas tellement aimées. J’ai un vrai gros doute sur la fin du bouquin. Étant donné que Rachel Cusk dégomme les clichés des familles aisées et heureuses en tout, dénonçant que les apparences sont souvent trompeuses, je me demande ce que Joe a prévu de faire…

Quelques extraits qui m’ont bien plus :

 

« C’était une chanson de Van Morrison – quelqu’un qu’elle connaissait la jouait souvent à la guitare. Puis, tel un petit éclair fourchu, son souvenir illumina son propre parcours instantané le long des sentiers tortueux menant dans la caverne de la mémoire. Elle se rappela un garçon, qui fut son petit ami pendant un moment, qui jouait cette chanson à la guitare. Elle avait dix-huit ou dix-neuf ans – elle se rappelait qu’elle portait un jean si usé que ses genoux maigres se voyaient au travers, assise en tailleur sur le sol. Elle était assise en tailleur sur un tapis, triturant un collier de perles qu’elle portait autour du cou. Elle se rappela une pièce éclairée, et la musique, et la sensation de tension et de faim que lui donnait son jeune corps. Comme il était étrange qu’elle l’ait oublié! Comme il était étrange qu’il ait été là tout le temps, ce souvenir, vivant et intact mais enfoui, caché, comme l’enfant dans son ventre! »

 

« Il y a cent ans de cela une femme savait que sa vie serait finie à l’instant où elle serait enceinte. Mais Juliet avait pensé que cela nécessitait un certain degré d’intelligence, qu’il y avait là dedans quelque difficulté. pendant un temps elle avait attaché du prix à l’idée d’une maison, d’un mari et d’enfants, comme ci ces choses étaient rares, comme si elles représentaient un nouveau raffinement de l’expérience humaine. Puis elle les avait eues, et elle commença a sentir le plomb s’installer dans ses veines, un peu plus chaque jour. Le jour où elle avait compris que si elle n’allait pas acheter à manger il n’y aurait rien dans la maison, le jour où Benedict était revenu du travail, une semaine après la naissance de Barnaby, et qu’elle avait compris qu’il faudrait qu’elle s’occupe de lui seule; les fois innombrables où une tache domestique lui était échue, de sorte qu’elle avait acquis de l’expérience et préféré s’en charger parce que c’était plus facile que de le demander à Benedict – tout cela était surprenant pour elle, scandaleux presque. »

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Les trois lumières

Claire Keegan
ISBN : 9782848050959 (Sabine Wespieser)

Un tout petit texte à lire rapidement. Une petite fille est emmenée par son père, un jour sans prévenir, chez ses grands parents qu’elle ne voit jamais. Sa mère est enceinte et visiblement la famille est fauchée comme les blés, alors ils se débarrassent de la gamine pour l’été. Et c’est un été magique dans une maison saine avec des gens normaux qui l’aiment vraiment, qui s’attachent bien vite à elle. Il y a quelques rituels qui rendent la vie plus belle (il sera question de Weetabix, de course à la boite, de puits, de matelas qui suintent). La petite fille reprendra confiance en elle, grandira beaucoup, dira oui au lieu de ouais.
Et il faudra bien finir par rentrer.

C’est très joli, de se laisser emporter et calmer comme la petite fille du livre. De se laisser rassurer.

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Libfly, la bibliothèque communautaire

Fabuleux!

Lorsque tu t’inscris sur Libfly, en tant qu’anonyme, libraire ou bibliothécaire, tu peux créer ta bibliothèque en ligne, annoncer quels sont les livres que tu as lu, ceux qui t’intéressent, éventuellement prêter tes livre, publier des critiques, en bref : échanger sur tes lectures. Quand tu t’actives, tu gagnes des points, que tu peux transformer en chèque lire, et si vraiment tu t’impliques beaucoup, tu entres au club libfly, et tu reçois, chez-toi, des services de presse. Alors, c’est pas fabuleux?

Clique donc, va y jeter un oeil.

Ps : tu peux aussi participer au concours épistolaire « Mon libraire est formidable ». Tu lui écris une petite lettre pour lui dire combien tu l’aimes ;)

 

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Oeil de Chat

Margaret Atwood
ISBN : 9782221123973(Pavillon poche)

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Un bon pavé. Margaret Atwwod, La servante écarlate, ça me branchait pas du tout, mais celui là, le résumé m’a parlé, je me suis dit que ce serait l’occasion de connaître l’auteur.

Ici, c’est l’histoire d’Elaine, que nous suivons de son enfance à sa vie de femme. Petite elle est persécutée par ses copines d’école, notamment Cordélia (c’est marrant, déjà dans Buffy c’était un nom de peste), qu’elle croisera a plusieurs reprises dans sa vie d’adulte. Pour se « protéger » elle trouve des petites astuces, d’abord le pelage de pied, pratique parce que personne ne voit la douleur qu’elle s’inflige, ces lambeaux de peau des pieds qu’elle s’arrache chaque soir. Ensuite elle apprend à contrôler des évanouissements; Chaque situation gênante trouve alors une issue, qu’elle résume très bien par « on s’évanouit et paf, quand on se réveille, le temps a passé sans vous ». Géant!
Dans sa vie familiale ça tourne plutôt rond, elle adore son frère qui lui parle de physique et d’astronomie, elle conserve précieusement une bille dans un sac à main en vinyle rouge, son père lui fait la leçon sur la situation du monde. Banal en somme.

En grandissant Elaine parvient à s’affirmer, elle rencontre des garçons, puis des hommes, choisit sa vie, se construit une personnalité, devient peintre ascendant féministe. Mais elle reste marquée par les gens et les épreuves qu’elle a traversé quand elle était plus jeune, sa peinture en témoigne, sa vie amoureuse aussi. Elle se rendra compte à chaque appel de Cordélia en détresse que finalement le tyran n’est pas celui qui s’en est le mieux sorti.

La force du bouquin c’est d’arriver à nous intéresser à une petite fille et à être perpétuellement curieux de savoir comment elle va se tirer de telle ou telle situation, ce qu’elle va devenir, quels choix elle va faire. Comme si Elaine était de notre propre famille, comme une soeur à laquelle on s’intéresserait avec passion. Joli livre.

Ps : et quelques phrases du bouquins surlignées parce qu’elles me parlent, que c’est ce que je voudrais dire. C’est un peu mon baromètre à bon bouquin, alors…

 

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Popov et Samothrace

Janik Coat
ISBN : 9782910391669 (éditions MeMo)

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Un coup de coeur graphique au rayon jeunesse!
C’est un bestiaire réalisé par la fameuse illustratrice qui avait fait Clotaire se déguise (qui était déjà trop cool)
Je ne vais pas joindre la couverture mais quelques images pour vous montrer un peu. C’est un tracé plutôt simple, des formes pures, des couleurs unies, et toujours des petits noms pour chaque animal!
On ajoutera que MeMo c’est joli comme tout, comme beaucoup de choses distribuées par Harmonia.

Ps : Vous retrouverez l’Hippopotame dans un livre rien qu’à lui aux éditions Autrement, conçu pour apprendre les contraires aux enfants.

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